ALGÉRIE (TAMURT) – Le nombre de migrants expulsés par l’Algérie en 2025, annoncé par l’APS, atteint un niveau record. Pas moins de 34 236 migrants ont été refoulés vers le Niger par les autorités algériennes, dans des conditions qualifiées d’inhumaines par plusieurs ONG internationales.
Ces migrants, parmi lesquels figurent des femmes enceintes, des enfants en bas âge, des personnes malades et vulnérables, sont abandonnés en plein désert nigérien par des unités militaires algériennes. Ils sont contraints de parcourir près de 16 kilomètres à pied, sous une chaleur extrême et sans aucune assistance humanitaire, pour atteindre la première localité nigérienne, Assamaka.
L’ONG Alarme Phone Sahara tire la sonnette d’alarme face à l’augmentation dramatique du nombre de morts parmi les migrants expulsés par l’Algérie. Les témoignages recueillis sont glaçants.
« J’ai vu de mes propres yeux deux femmes mourir en plein désert. Leurs corps ont été laissés sur place. Personne ne pouvait leur venir en aide. Nous avons marché 16 kilomètres sans une seule goutte d’eau. Sur le chemin vers Assamaka, nous avons vu des cadavres et des ossements humains. C’est inhumain, surtout venant d’un pays comme l’Algérie qui se dit musulman », témoigne Aboubakar sur les réseaux sociaux.
Les récits des migrants africains refoulés par l’Algérie donnent froid dans le dos. En 2024, pour rappel, 31 409 migrants avaient déjà été expulsés dans des conditions similaires. Certaines sources évoquent également des violences sexuelles, notamment des viols commis à l’encontre de femmes migrantes, aussi bien par des éléments des forces de sécurité que par d’autres migrants, dans un contexte d’abandon total.
Le racisme envers les migrants noirs constitue un autre fléau largement dénoncé par les victimes, qui subissent insultes, humiliations et violences avant leur expulsion. Une souffrance supplémentaire qui s’ajoute à la précarité extrême de leur situation.
À titre de comparaison, la situation en Libye demeure encore plus dramatique : de nombreux migrants africains y sont pris en otage par des réseaux esclavagistes, soumis à la torture et utilisés comme monnaie d’échange contre des rançons exorbitantes exigées de leurs familles.
Idir Yatafen


