Le chrétien Slimane Bouhafs toujours privé de sa pension d’invalidité

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Slimane Bouhafs
Slimane Bouhafs

KABYLIE (TAMURT) – Slimane Bouhafs, chrétien kabyle originaire de Sétif, affirme être victime d’un acharnement judiciaire et administratif. Ancien policier et père de famille, il dénonce la suspension puis le retrait de sa pension d’invalidité, qu’il percevait depuis près de 18 ans.

Selon ses déclarations, plusieurs spécialistes en psychiatrie auraient attesté de son droit à une pension d’invalidité de longue durée. Pourtant, ces dernières années, ses versements ont été interrompus. Il estime que cette décision s’inscrit dans un contexte de pressions liées à ses convictions religieuses.
« Je ne comprends pas pourquoi on me prive de mes droits. Le procureur de la République devrait ouvrir une enquête sur ma situation », affirme Slimane Bouhafs, qui dit conserver l’ensemble de ses anciens documents médicaux pour prouver la légitimité de son dossier.

Accusations de dysfonctionnements administratifs
Bouhafs accuse également certains médecins d’avoir écarté ou ignoré des éléments de son dossier médical. Il se dit aujourd’hui sans ressources financières et dans une situation économique qu’il qualifie de « catastrophique ».

Par ailleurs, il évoque d’autres difficultés administratives. Il affirme notamment rencontrer des obstacles auprès des autorités locales concernant l’aménagement urbain autour de son domicile, ainsi que dans des démarches liées à l’état civil.

Changement de prénom : une procédure bloquée
Slimane Bouhafs indique avoir engagé en 2016 une procédure pour changer le prénom de son fils, souhaitant remplacer « Larbi » par « Augustin ». Selon lui, bien que la démarche ait initialement avancé, elle aurait été bloquée par la suite. Il affirme que le prénom souhaité lui aurait été signifié comme non autorisé.
Il rappelle que l’Algérie est la terre natale de Augustin d’Hippone (Saint Augustin), figure majeure du christianisme, né au IVe siècle dans l’actuelle région d’Annaba.

Un cas emblématique
Slimane Bouhafs, qui a déjà connu plusieurs périodes d’incarcération par le passé, est considéré par ses soutiens comme un symbole de la revendication de la liberté de culte en Algérie. De leur côté, les autorités n’ont pas publiquement réagi à ses accusations.

Son affaire relance le débat sur la liberté de conscience, la gestion des dossiers sociaux sensibles et les garanties administratives accordées aux citoyens, indépendamment de leurs convictions religieuses.

Idir Yatafen

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