Le nouveau train Oran – Tindouf et les détenus politiques kabyles

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Inauguration de la ligne Oran - Tindouf
Inauguration de la ligne Oran - Tindouf

KABYLIE (TAMURT) – Pour sanctionner jusque dans leurs familles les 36 détenus politiques de Larbaa Nath Irathen, le régime algérien les a transférés à la prison de Béchar, dans le sud-ouest algérien, à plus de 1 000 kilomètres de la Kabylie. Un éloignement punitif qui transforme chaque visite en véritable épreuve humaine et financière.

Les proches des détenus doivent débourser au minimum 30 000 dinars pour un déplacement exténuant, afin d’obtenir moins d’une heure de visite. Sur les 38 détenus initialement transférés, deux sont déjà morts en détention dans des conditions troubles, tandis que les 36 autres sont condamnés à la perpétuité.
Ce dimanche, le président Tebboune a inauguré en grande pompe une nouvelle ligne ferroviaire Oran-Tindouf, passant par Béchar, destinée principalement à l’exploitation des mines de Ghar Djebilet, mais qui assurera également le transport de voyageurs.

Pour les familles des détenus, cette infrastructure prend une signification amère et paradoxale.
« Avec cette ligne, au moins ce sera moins pénible pour nous. Nous pourrons rejoindre Béchar depuis Oran et cela nous coûtera moins cher », confie le frère d’un détenu de Larbaa Nath Irathen. Depuis le transfert de son frère vers Béchar, dit-il, toute sa famille vit un calvaire.
« Ils ont condamné nos enfants à la perpétuité. Et nous, qu’avons-nous fait pour subir toutes ces souffrances ? Nous n’avons rien fait, et nos enfants non plus. Nous imposer ce calvaire est une humiliation », fulmine-t-il.

Cet espoir fragile repose désormais sur le procès en cassation prévu en mars prochain devant la Cour suprême, où les familles espèrent au minimum une réduction des peines, aucune preuve tangible n’ayant été présentée contre les accusés lors des précédents procès.

Ainsi, tandis que les autorités algériennes célèbrent avec faste une nouvelle ligne ferroviaire stratégique, les familles des détenus de Larbaa Nath Irathen y voient surtout un moyen de survivre à l’éloignement carcéral imposé à leurs enfants, condamnés à vie et détenus au fin fond du désert algérien.

Idir Yatafen

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