Les supporters du MOB dénoncent des pressions autour du drapeau algérien

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Les supporters du MOB
Les supporters du MOB

BGAYET (TAMURT) – Des supporters du MO Béjaïa affirment subir des pressions pour hisser le drapeau algérien lors des matchs disputés au stade de l’Unité Maghrébine de Bgayet. Des membres de comités de supporters ont pris contact avec notre rédaction pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’intimidations et de menaces.

Selon ces témoignages, les autorités interdisent strictement l’affichage des drapeaux amazighs et kabyles dans les stades de la région, tout en encourageant la présence du drapeau national algérien dans les tribunes. Une situation qui alimente un climat de tension parmi une partie des supporters du club phare de Vgayet.

Récemment promu en Ligue 2 et actuellement bien positionné au classement, le MOB bénéficie d’un fort soutien populaire en Kabylie, juste derrière la JS Kabylie en termes d’engouement.

« Nous voulons rester concentrés sur le sport »
« Nous sommes avant tout des supporters du MOB. Ce club rassemble toutes les sensibilités politiques et sociales dans les tribunes. Pourquoi interdire les drapeaux amazigh et kabyle tout en nous imposant le drapeau algérien ? », s’interroge un fidèle supporter.

Il affirme également que des policiers en civil auraient tenté de se mêler aux supporters pour influencer l’ambiance dans les gradins. « Nous voulons simplement soutenir notre équipe comme nous l’avons toujours fait, avec nos chants et notre culture », ajoute-t-il.

D’autres supporters évoquent la crainte de voir le club pénalisé ou freiné sportivement si la polémique venait à s’amplifier. « Nous comprenons que la direction du club préfère ne pas s’impliquer directement, par peur de représailles. Le MOB a des ambitions et veut accéder à la première division. Nous ne voulons pas que le club soit victime d’un conflit qui dépasse le cadre sportif », souligne notre interlocuteur.

Entre identité et cadre réglementaire
La question des symboles dans les stades reste sensible en Kabylie. Les autorités, de leur côté, justifient généralement ces restrictions par la réglementation encadrant les manifestations sportives et l’usage des emblèmes officiels.

Pour les supporters interrogés, toutefois, le stade demeure un espace d’expression culturelle et identitaire autant qu’un lieu de passion sportive. « Nous voulons que le football reste un facteur d’unité et non de division », conclut l’un d’eux.

Idir Yatafen

4 Commentaires

  1. les trois equipes qui devancent de pres le MOB sont des equipes TBS , ce qui veut dire que le MOB n’as aucune change d’acces a la Nationale 1. Ils seroint sabotes par des hors jeux imaginaires, des penalties imaginaires , par les fameux arbitres du systeme. Donc Aucune chance. C’est ainsi que le MOB qui etait deja en Nationale une fut sabote apres le largage du drapeau Amazigh sur les tribunes. le club a aussi etait etoufe par le manque d’argent car les promoteurs ont etes obliger de quitter le train MOB.

  2. Eh! oui, logique implacable: dans un stade qui s’appelle Unité Maghrébine, on découvre soudain que l’unité a une définition très sélective. Unité… mais sous conditions.
    Pluralité… mais homologuée.
    Identité… mais réglementée.

    Les supporters du MOB veulent juste faire ce que font les supporters partout: chanter, brandir leurs couleurs, exprimer leur culture.
    C’est littéralement l’ADN du football. À MOBéjaïa, on parle d’un club enraciné à Bgayet, avec une base populaire réelle, promu en Ligue 2 et ambitieux.
    Et là, surprise: le problème ne serait pas le hors-jeu, mais le tissu du drapeau.

    Donc si on résume la logique supposée:
    Le drapeau algérien ? Encouragé.
    Le drapeau amazigh ? Strictement interdit.
    Le drapeau kabyle ? Circulez.

    Et après on s’étonne qu’il y ait une tension.

    Ce qui est ironique, c’est que le drapeau amazigh est reconnu officiellement comme symbole culturel dans plusieurs pays d’Afrique du Nord, et que la langue amazighe est constitutionnellement reconnue en Algérie. Mais dans les tribunes, apparemment, la reconnaissance a besoin d’un laissez-passer.

    Le plus savoureux reste la justification classique: cadre réglementaire. Ce fameux cadre extensible qui devient très souple quand il s’agit d’imposer un symbole, mais soudain très rigide quand il s’agit d’en tolérer un autre. On ne parle pas d’un slogan violent, ni d’un appel politique explicite. On parle d’un symbole culturel porté par des supporters qui disent clairement: Nous voulons rester concentrés sur le sport.

    Et évidemment, l’ombre des policiers en civil qui influencent l’ambiance… Là on touche presque au folklore administratif. Comme si les tribunes avaient besoin d’un metteur en scène discret pour choisir la bonne palette de couleurs.

    La vraie question est simple:
    Si le football est censé unir, pourquoi l’unité devient-elle problématique dès qu’elle inclut la diversité réelle du pays?
    Un stade n’est pas un bureau administratif. C’est un espace populaire, émotionnel, culturel. À Béjaïa, l’identité amazighe ne s’éteint pas à l’entrée du tourniquet. Elle vient avec le billet.

    Et non, permettre plusieurs symboles culturels ne fragilise pas une nation. Au contraire, c’est souvent leur interdiction qui crée la fracture.

    Bref, vouloir soutenir le MOB avec ses chants et sa culture, ce n’est pas diviser. C’est exister. Et visiblement, pour certains, c’est déjà trop.

  3. C’est la politique coloniale qui s’applique en Kabylie : tout le monde doit montrer du zèle et brandir fièrement son algérianité. Partout, à toute occasion et à tout moment.

    Pourquoi pas obliger tous les Kabyles mettre des uniformes aux couleurs algériennes ? Comme ça, nul besoin de drapeau. On est le drapeau, soi-même.

    • Azul a Yuccen, j’approuve ton commentaire a 100% surtout la fameuse pédagogie patriotique par saturation visuelle.

      Ton idée est brillante: si tu ne montres pas ton algérianité toutes les 5 minutes, c’est qu’elle est suspecte. Donc solution simple:
      multiplier les drapeaux
      les slogans
      les rappels à l’ordre
      et pourquoi pas comme tu le proposes avec humour l’uniforme intégré.

      Historiquement, les politiques d’uniformisation identitaire ne sont pas une invention locale. Elles ont été pratiquées dans de nombreux contextes coloniaux et postcoloniaux: effacement linguistique, centralisation administrative, imposition d’une identité nationale unique au détriment des identités régionales. En Algérie, l’arabisation forcée après 1962 a marginalisé la langue amazighe pendant des décennies, malgré sa réalité démographique et historique. Il a fallu attendre 2002 pour que le tamazight soit reconnu langue nationale, et 2016 pour qu’il devienne langue officielle. Ce n’est pas exactement le parcours d’un État totalement serein avec sa pluralité.

      En Kabylie, région historiquement frondeuse (Printemps berbère de 1980, Printemps noir de 2001), l’affirmation identitaire amazighe est souvent perçue par le pouvoir central comme une tension politique plutôt que comme une richesse culturelle. Résultat: démonstrations répétées de loyauté exigées, soupçons permanents, et parfois surenchère symbolique.

      C’est là que ca tape juste: quand l’identité nationale devient une performance obligatoire, elle cesse d’être naturelle.

      Un patriotisme solide n’a pas besoin d’être vérifié à chaque coin de rue. Il n’a pas besoin d’un contrôle qualité en continu. L’amour d’un pays ne se mesure pas au nombre de drapeaux brandis par minute.

      Et l’idée de devenir le drapeau soi-même est une idee très révélatrice: quand l’État exige un zèle permanent, l’absurde n’est plus très loin.

      Parce qu’au fond, la question est simple: si l’unité nationale est si forte, pourquoi faut-il la forcer?

      Une nation confiante accepte ses composantes régionales sans y voir une menace. Une nation fragile exige des preuves constantes d’adhésion.

      L’unité ne se construit pas par l’uniforme. Elle se construit par la reconnaissance.

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