ALGÉRIE (TAMURT) – Krim Djamel, fils du chef historique kabyle Krim Belkacem, figure majeure de la guerre de Libération nationale et signataire des Accords d’Évian, a été retrouvé mort à son domicile, situé au Club des Pins, à l’ouest d’Alger, une résidence connue pour être l’une des plus sécurisées du pays.
Selon nos sources, le corps du défunt aurait été découvert vendredi dernier, alors que son décès remonterait à au moins une quinzaine de jours, Krim Djamel vivant seul. Les autorités algériennes ont évoqué une mort naturelle, mais plusieurs zones d’ombre soulèvent de sérieuses interrogations.
De nombreuses questions sans réponse
Plusieurs éléments troublants entourent ce décès :
Comment une personne peut-elle rester plus de deux semaines décédée dans une résidence ultra-surveillée sans que personne ne s’en aperçoive ?
Pourquoi la famille et les proches de Krim Djamel n’ont-ils pas été informés immédiatement après la découverte du corps ?
Pourquoi aucun média national n’a relayé l’information, alors que même les faits divers impliquant de simples citoyens font généralement l’objet d’une couverture médiatique ?
Ce silence alimente les soupçons et renforce le sentiment que les autorités chercheraient à étouffer l’affaire.
Inhumation en Kabylie
Krim Djamel sera inhumé au cimetière de son village natal d’Illalen, dans la commune d’Ath Yahia Moussa, au sud de Tizi Ouzou, relevant de la daïra de Draâ El Mizan.
L’ombre d’un père assassiné
La mort de Krim Djamel ravive inévitablement le souvenir du destin tragique de son père, Krim Belkacem, l’un des tout premiers maquisards algériens, engagé dès 1947 dans la lutte armée. Stratège militaire et homme politique respecté, Krim Belkacem est considéré par de nombreux historiens comme l’un des principaux architectes de la Révolution algérienne.
C’est lui qui mena les négociations avec la France et signa les Accords d’Évian, scellant l’indépendance de l’Algérie.
Pourtant, en octobre 1970, Krim Belkacem fut assassiné dans un hôtel à Francfort, en Allemagne, sur ordre du régime algérien dirigé par Houari Boumediene. Des documents déclassifiés révélés en 2019 indiquent que l’opération aurait été supervisée sur le terrain par Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, avec l’implication d’un officier de la Sécurité militaire, Aït Mesbah.
Un héritage lourd et des silences inquiétants
Dans ce contexte historique marqué par les règlements de comptes et les assassinats politiques, la mort de Krim Djamel ne peut laisser indifférent. Les zones d’ombre entourant son décès appellent à une enquête indépendante et transparente, seule capable de dissiper les doutes et de rendre justice à la mémoire d’un nom intimement lié à l’histoire de l’Algérie.
Idir Yatafen


