Tebboune fixe début mars pour la mise en service de la mine d’Amizour : Vers un désastre environnemental en Kabylie !

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Mine Tala Hamza-Amizour
Mine Tala Hamza-Amizour

BGAYET (TAMURT) – Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné la mise en service de la mine de zinc et de plomb située sur les territoires des communes limitrophes Tala Hamza et Amizour (Bgayet), début mars prochain, lors d’un conseil des ministres algériens, tenu ce dimanche 25 janvier. Malgré une opposition de la population locale kabyle à cause des risques environnementaux et sanitaires associés à l’exploitation de cette mine, le régime algérien maintient le projet et opte pour un passage en force.

Confié à Western Mediteranean Zinc (WMZ), une joint-venture algéro-australienne, l’exploitation de la mine de zinc et de plomb à Tala Hamza-Amizour (Bgayet) devrait entrer en service en mars 2026, selon les instructions données, avant hier, par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, au terme d’un conseil des ministres. Ce projet prévoit l’exploitation de 54 millions de tonnes de minerai sur 20 ans. Bien que des experts aient alerté sur les risques inhérents à cette exploitation, notamment en matière de pollution de l’eau, des sols, et menace de mouvements de terrain, le projet est maintenu. En effet, les forages et l’extraction modifieront de manière durable et visible toute la région. Le traitement des minerais pose également problème, car le plomb, de l’avis des experts, « fait partie des métaux lourds et le processus de flottaison retenu pour le raffiner libérera des particules polluant directement la nappe des alluvions de la Soummam, la plus grande réserve d’eau potable de la Kabylie ».

Natif de Bgayet, le Dr. Sidi Menad Si Ahmed, expert senior en climat et ozone auprès des Nations Unies, a déjà alerté sur les conséquences désastreuses d’une éventuelle exploitation de cette mine. En décidant d’exploiter cette mine, le régime algérien viole une convention internationale. Pour cause, le projet est proche d’un site classé RAMSAR « zone humide protégée ». Pour rappel, le professeur Kamel Aisset, originaire aussi de la région, a été arrêté par la police algérienne et placé en détention pour avoir dénoncé l’absence d’une étude d’impact environnemental et sanitaire sérieuse en rapport avec ce projet.

Malheureusement, plusieurs citoyens kabyles ont été expropriés de leurs terrains agricoles cruciaux en vue de l’exploitation du gisement de Tala Hamza. Par ailleurs, des observateurs pensent que ce projet, moins rentable en comparaison aux hydrocarbures, n’est qu’un prétexte pour renforcer la militarisation de la Kabylie, car les grandes mines et infrastructures associées à ces projets sont toujours fortement sécurisées.

Arezki Massi

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