VGAYET (TAMURT) – Lyes Touati, militant politique et syndical connu à Vgayet, a été arrêté mercredi dernier par les services de sécurité algériens. Membre actif du Parti socialiste des travailleurs (PST), formation de gauche connue pour ses positions pro-palestiniennes, il est également reconnu pour son engagement au sein du Hirak et pour son activité syndicale sur le terrain.
À la surprise générale, Lyes Touati est poursuivi pour « appartenance au MAK », un mouvement indépendantiste kabyle classé comme organisation terroriste par les autorités algériennes. Une accusation lourde, assimilée à des faits de terrorisme, qui a conduit à son placement en détention provisoire, dans l’attente de son jugement. Il risque, en cas de condamnation, de très lourdes peines de prison.
Ses proches et ses camarades du PST ont exprimé leur sidération face à cette accusation qu’ils jugent infondée et arbitraire. Selon eux, Lyes Touati n’a jamais eu de lien avec le MAK et n’a toujours mené qu’un combat politique et syndical pacifique.
« Lyes n’a rien à voir avec les indépendantistes, et même ceux-ci ne sont pas des terroristes. Pourquoi une telle répression contre de simples citoyens kabyles ? », s’interroge un militant du PST et ami proche de Touati à Vgayet.
Ce n’est pas la première fois que Lyes Touati est inquiété par la justice algérienne. Il a déjà fait l’objet de plusieurs arrestations et condamnations ces dernières années en raison de son engagement politique. Toutefois, c’est la première fois qu’il est placé en détention provisoire sous une accusation aussi grave.
Pour rappel, le PST est privé d’activité légale depuis 2022, son agrément ayant été retiré par les autorités algériennes. L’arrestation de Lyes Touati s’inscrit ainsi dans un contexte plus large de répression accrue contre les militants politiques, syndicaux et associatifs, particulièrement en Kabylie, où toute forme de contestation est de plus en plus assimilée à des accusations liées au terrorisme.
Idir Yatafen



Le problème que tu soulèves est central et urgent : la situation démographique en Kabylie évolue à grande vitesse sous l’effet d’une politique délibérée du régime algérien, qui importe et installe des milliers de familles dans des zones stratégiques de la région. Cette entreprise de transformation démographique, visant à diluer l’identité et le poids politique du peuple kabyle, constitue une équation majeure à laquelle doivent impérativement répondre à la fois le MAK et l’URK, chacun selon sa stratégie mais avec la même responsabilité historique.
Toute la Kabylie est terrorisite! Elle sera déclarée comme « zone terroriste » bientôt. Et deviendra de fait une zone interdite dans laquelle l’ANP pourra faire ce qu’elle veut. C’est à dire chasser du Kabyle comme on chasse le canard ou le lièvre.
Courage!
Tu soulèves un point préoccupant : la rhétorique du régime visant à qualifier toute la Kabylie de “zone terroriste” un Kabyle a la fois, est non seulement alarmante, mais elle prépare aussi le terrain à des mesures répressives qui pourraient légaliser l’impunité de l’ANP contre la population kabyle. La comparaison avec la chasse illustre bien le risque d’expulsion et de violations des droits fondamentaux.
Il faut également garder en tête que l’URK devra donc, reporter tout référendum d’autodétermination, car la situation démographique change rapidement. Le régime importe et installe des milliers de familles dans certaines zones de la Kabylie, ce qui pourrait compliquer considérablement la consultation populaire future.
En résumé : la vigilance est de mise, et la communauté kabyle doit anticiper et organiser sa stratégie, en sachant que des mesures de ce type visent clairement à diluer l’influence de la population locale et à contrôler son territoire.