Algérie : jusqu’à 10 ans de prison ferme pour les non-jeûneurs

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Ramadan en Kabylie
Ramadan en Kabylie

ALGÉRIE (TAMURT) – Chaque année, à l’approche du mois de Ramadan, la question des libertés individuelles refait surface en Algérie. Des voix critiques dénoncent des pressions sociales et judiciaires exercées sur les personnes qui ne souhaitent pas observer le jeûne.

Selon des avocats et des militants des droits humains, des poursuites judiciaires peuvent être engagées contre des citoyens accusés d’« atteinte aux préceptes de l’islam », en vertu de dispositions du code pénal. Dans certains cas, des peines de prison ferme ont été prononcées, suscitant un débat sur la liberté de conscience et le respect des convictions individuelles.

Pressions sociales et climat de dénonciation
Des témoignages font état d’un climat de surveillance et de stigmatisation pendant le Ramadan. Des non-jeûneurs affirment être la cible de critiques, voire d’hostilité, aussi bien de la part de certains groupes religieux que de membres de la société.

La question centrale soulevée par les défenseurs des libertés individuelles est celle du droit de chacun à pratiquer – ou non – une religion. Ils rappellent que la liberté de conscience est un principe universellement reconnu, même si son application demeure sujette à interprétation dans différents contextes juridiques et culturels.

Situation particulière en Kabylie
En Kabylie, région souvent décrite comme plus pluraliste sur le plan des pratiques religieuses, des habitants affirment que certains non-jeûneurs assument publiquement leur choix. Toutefois, plusieurs restaurants et débits de boissons restent fermés en journée durant le Ramadan, par crainte de sanctions administratives ou de pressions.

Il y a quelques années, dans certaines localités, des commerçants avaient maintenu leurs établissements ouverts pendant la journée, défiant ainsi les usages dominants. Mais selon des témoignages recueillis localement, le renforcement de la présence des forces de sécurité aurait contribué à un recul de ces initiatives.

Un débat toujours sensible
Le débat autour du jeûne obligatoire de facto, des libertés individuelles et de la place de la religion dans l’espace public reste sensible en Algérie. Entre cadre légal, normes sociales et revendications de liberté de conscience, la question continue de diviser l’opinion.

Idir Yatafen

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