KABYLIE (TAMURT) – Fief historique du Front des forces socialistes (FFS) en Kabylie, la wilaya de Vgayet pourrait connaître des surprises lors des prochaines élections locales. Les premières contestations suscitées par la confection des listes électorales du parti concernent notamment la place accordée aux jeunes militants, dont plusieurs dénoncent la reconduction de figures politiques déjà présentes depuis de nombreuses années dans les institutions élues.
Pour une partie de la jeunesse militante du FFS, les listes établies pour les élections locales du 28 novembre prochain illustreraient la difficulté du parti à renouveler ses représentants. À leurs yeux, les anciens responsables continuent d’occuper les premières places, au détriment d’une nouvelle génération qui aspire à accéder aux responsabilités.
À l’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Vgayet, Brahim Meziani, ancien sénateur et élu à cette même assemblée, figure de nouveau en tête de la liste du FFS, selon les informations recueillies. Ce choix suscite des critiques chez des militants qui espéraient un renouvellement des candidatures.
La situation est également dénoncée dans la région d’Ichalladhen, dans la daïra d’Akbou. Selon les témoignages recueillis, le parti n’aurait pas réussi à présenter de liste dans cette localité, ni dans la commune d’Akbou, pourtant considérée comme l’un de ses bastions historiques.
« Comment peut-on continuer à présenter les mêmes responsables alors que les jeunes militants sont écartés ? Je suis un jeune militant du FFS à Akbou et j’envisage désormais de voter pour le RCD. Nous en avons assez de ces pratiques », fulmine un militant qui exprime son désaccord avec les choix opérés par la direction du parti.
À Béjaïa, la candidature de Chabati, ancien député, à la tête de la liste pour la mairie suscite également des interrogations parmi ceux qui réclament un renouvellement de la classe politique locale.
À Aït Smaïl, c’est la candidature de Nacer Abdoun, ancien maire, ancien député et actuel élu à l’APW de Vgayet, qui alimente la contestation. Il briguerait ainsi un nouveau mandat à la tête de la commune, après plusieurs responsabilités électives exercées au cours des dernières décennies.
« Il a été maire, député et élu à l’APW pendant de nombreuses années. Qu’a-t-il réellement apporté à la région ? Le voir encore candidat est incompréhensible », déplore un jeune militant et étudiant d’Aït Smaïl, qui affirme avoir décidé de quitter définitivement le FFS.
Ces contestations illustrent un malaise qui semble gagner une partie de la jeunesse militante du parti dans plusieurs localités de la wilaya. Le maintien de responsables politiques déjà longuement présents dans les institutions nourrit les critiques de ceux qui réclament davantage de renouvellement, de transparence dans la confection des listes et une meilleure représentation des jeunes.
La polémique concerne également la représentation parlementaire du parti. Abdenour Derguini, présenté comme le chef du groupe parlementaire du FFS, entame un deuxième mandat de député. Son parcours et sa désignation à cette fonction font l’objet de critiques de beaucoup de militants. Les informations relatives à son parcours scolaire et aux conditions de sa désignation doivent tout de même être vérifiées.
Au-delà des candidatures individuelles, une question se pose : après plusieurs décennies de présence politique du FFS à Vgayet, quel bilan le parti peut-il présenter aux citoyens de la wilaya ? Les jeunes militants qui contestent les listes attendent des réponses sur le renouvellement des responsables, la gestion des collectivités locales et les résultats obtenus au bénéfice de la population.
À l’approche du scrutin, le mécontentement exprimé par certains militants pourrait ainsi mettre à l’épreuve la capacité du FFS à préserver ses positions historiques tout en répondant aux aspirations d’une nouvelle génération.
Idir Yatafen


