KABYLIE (TAMURT) – Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) traverse une période difficile et semble perdre du terrain en Kabylie. Après ses résultats décevants aux dernières élections législatives, à l’issue desquelles il n’a obtenu que quatre sièges, le parti aborde les élections locales, prévues le 28 novembre prochain, dans une position délicate.
À titre d’exemple, le RCD n’aurait réussi à confectionner que 28 listes dans la wilaya de Tizi Ouzou, considérée comme l’un de ses bastions historiques. Un chiffre qui, s’il se confirme, témoigne des difficultés rencontrées par la formation politique dirigée par Athmane Mazouz. Dans ce contexte, un nouveau recul électoral semble possible, alors que le Front des forces socialistes (FFS) apparaît mieux placé pour tirer son épingle du jeu en Kabylie.
Les raisons de l’affaiblissement du RCD sont multiples. La création du mouvement Assirem, associé à Saïd Sadi, a constitué un facteur supplémentaire de division. Selon certaines estimations, une partie importante des militants du RCD aurait rejoint ce nouveau mouvement. Toutefois, Assirem peine lui aussi à s’imposer durablement sur la scène politique.
Ces divisions ont contribué à fragiliser les deux formations. Ni le RCD ni Assirem ne semblent aujourd’hui en mesure de s’imposer clairement sur l’échiquier politique kabyle. À chaque échéance électorale, les deux camps risquent ainsi de se retrouver marginalisés, au grand dam de leurs militants, dont certains continuent d’espérer une réconciliation.
Cette situation pourrait profiter au FFS, régulièrement présenté comme l’un des principaux favoris en Kabylie. Le recul du RCD et les divisions au sein de son ancien espace politique constituent, en effet, une opportunité pour son concurrent historique.
Certains observateurs estiment également que le pouvoir algérien serait davantage disposé à composer avec le FFS, qu’ils jugent plus conciliant, tandis que le RCD conserve une posture d’opposition plus affirmée.
Le RCD est un parti qui a historiquement défendu la démocratie, la laïcité, la promotion de la langue amazighe ainsi que les droits humains et les droits des femmes. Son affaiblissement suscite donc des interrogations sur l’avenir de son courant politique en Kabylie. Il laisse aussi davantage d’espace à des listes indépendantes dont l’autonomie politique est souvent contestée.
Malgré ces difficultés, les militants du RCD ne semblent pas avoir renoncé. Certains continuent d’espérer redresser leur parti et préserver son ancrage politique en Kabylie. Reste à savoir si la formation pourra surmonter ses divisions et retrouver la confiance d’une partie de son électorat lors des prochaines élections locales.
Idir Yatafen


