KABYLIE (TAMURT) – Un chanteur kabyle très connu, qui a souhaité garder l’anonymat, affirme que les artistes kabyles seraient empêchés de se produire à Alger durant le mois de ramadan. Selon lui, des instructions auraient été données afin qu’aucun gala ni activité artistique impliquant des chanteurs kabyles ne soit autorisé dans la capitale pendant cette période.
« J’étais invité par une association pour me produire dans une grande salle à Alger. Les organisateurs m’ont informé que mon nom avait été retiré de la liste des artistes, officiellement pour un problème de manque de temps. Au début, je les ai crus. Mais deux autres artistes kabyles, qui devaient également se produire à Alger dans d’autres événements, ont eux aussi vu leurs noms supprimés, contrairement aux chanteurs arabophones. C’est à ce moment-là que nous avons compris que les artistes kabyles n’étaient pas les bienvenus à Alger », raconte-t-il.
L’artiste affirme également que les organisateurs de son gala étaient eux-mêmes kabyles. « L’un d’eux a fini par m’avouer que les chanteurs kabyles étaient interdits de scène à Alger par décision des autorités », ajoute-t-il.
Aucune confirmation officielle n’a pour l’instant été apportée par les autorités concernées. Si ces affirmations étaient avérées, elles relanceraient le débat sur la place des artistes kabyles dans les manifestations culturelles nationales.
De nombreux artistes kabyles affirment par ailleurs trouver davantage d’opportunités d’expression à l’étranger, notamment en France ou au Canada, où ils disent être accueillis et programmés sans restriction.
Idir Yatafen


