KABYLIE (TAMURT) – S’achemine-t-on vers deux groupes de dirigeants qui se disputeront la présidence du Congrès Mondial Amazigh (CMA) ? Alors que Belkacem Lounes participe en qualité de secrétaire général du CMA à la 25ème session de l’Instance Permanente de l’ONU sur les questions autochtones, qui se déroule du 20 avril au 1er mai 2026, à New York, la région de Gáldar (Îles Canaries) accueille du 24 au 26 avril une rencontre organisée par un autre groupe se réclamant du Congrès Mondial Amazigh (CMA) et à laquelle a pris part Kamira Nait Sid. D’ailleurs, la participation de cette ancienne détenue politique kabyle à l’évènement a suscité une vive polémique en Kabylie.
C’est la confusion actuellement sur l’identité des véritables responsables du CMA, une ONG internationale de défense des droits des peuples amazighs. Deux parties semblent revendiquer la légitimité de présider cette ONG, dont le premier congrès a été organisé en 1997, aux Îles Canaries, en Espagne. Pendant que Belkacem Lounes et Amina Zioual, qui se présentent respectivement comme Secrétaire Général et membre du Conseil Fédéral du CMA, se trouvent en ce moment au siège des Nations Unies à New-York, pour prendre part à la session de 2026 de l’Instance Permanente de l’ONU sur les questions autochtones, un autre groupe de personnes se réunit à Gáldar, une terre de l’archipel canarien, pour organiser ce qu’il qualifie d’un « événement qui marquera un tournant décisif » au CMA et à même de lui donner « un nouveau souffre ».
La participation de Kamira Nait Sid à cette rencontre a suscité moults interrogations, notamment en Kabylie. Quelques-uns sont même allé jusqu’à soupçonner la main du régime algérien dans l’organisation de cet évènement. Dans un communiqué publié début avril par le CMA, version Nasser Abouzakhar (président) et Lounes Belkacem (S/G), les services secrets algériens ont été ouvertement accusés de « faux et usage de faux » pour avoir, selon ce même document, mis en ligne un faux communiqué du CMA. « Depuis quelque temps, les services de sécurité de l’Etat algérien innovent en matière de communication en pratiquant le faux et usage de faux. A chaque action du Congrès Mondial Amazigh (CMA) visant à dénoncer le régime algérien qui pratique les plus graves violations des droits de l’homme, un faux communiqué portant illégalement l’ancien logo du CMA, est rendu public par les services algériens pour démentir les informations avérées publiées par le CMA et pour tenter de semer le trouble dans les esprits », écrit le libyen Nasser Abouzakhar dans ce communiqué.
Pour rappel, le CMA avait appelé à un rassemblement le 04 avril dernier devant le siège du Vatican à Rome « afin d’attirer l’attention du Pape Léon IV sur la persécution des chrétiens en Algérie et sur les massives et arbitraires détentions des Amazighs et en particulier des Kabyles ». Nasser Abouzakhar a dénoncé une manipulation des services de sécurité algériens, lesquels, selon lui, « ont publié le 28 mars dernier, un torchon ayant pour titre «mise au point», dans le but évident est de semer la confusion ». Pour cause, « dans ce papier, les services algériens ont osé exprimer un «démenti» concernant les persécutions que subissent les chrétiens en Algérie, alors que celles-ci sont malheureusement documentées et connues de tous ». Ce qui intrigue dans ce papier, indique-t-on, est l’absence de signataire, ce qui conforte, selon le bureau du CMA de Paris, la thèse d’une œuvre des services secrets algériens. « Le papier se termine dans le flou, sans mention du lieu d’origine de la publication, ni d’aucun nom de signataire. Cela ressemble fort à un texte rédigé sur commande par un scribe de service qui ne connait rien, ni aux statuts, ni au fonctionnement du Congrès Mondial Amazigh », affirme encore Nasser Abouzakhar.
Par ailleurs, tout en réaffirmant « qu’il usera de tous les moyens légaux pour protéger son intégrité et pour poursuivre sans relâche et sans faillir, sa mission de protection et de promotion des droits des Amazighs », le Congrès Mondial Amazigh demande dans son communiqué signé par Nasser Abouzakhar « aux autorités algériennes de cesser immédiatement leurs vilaines pratiques faites d’intimidations, de représailles et d’actes illégaux comme l’usurpation d’identité de notre organisation ».
Arezki Massi



Le régime d’Alger pratique la doctrine de la Russie-KGB : intoxiquer, nier, mentir, intimider (y compris en prenant en otage les proches des opposants), inverser les rôles, falsifier, corrompre (kompromat) et liquider quand tout échoue. On y est.
Courage Kamira. Ne cède pas. Tout peut être récupéré, tout peut être racheté, sauf l’honneur.