Élections législatives : retrait de 33 listes à Tizi Ouzou

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Elections locales en Kabylie
Elections locales en Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Les élections législatives que le régime algérien compte imposer au peuple kabyle, prévues pour le 2 juillet prochain, sont d’ores et déjà rejetées massivement par la population de toutes les sensibilités politiques.

Pour éviter une nouvelle humiliation avec un taux de participation avoisinant zéro, le régime algérien compte faire établir le plus grand nombre possible de listes. Officiellement, 33 listes ont déjà été déposées : 16 de partis politiques et 17 indépendantes. Un nombre record de listes à la députation, jamais vu à Tizi Ouzou, pour 15 sièges accordés par le parlement algérien à ce département de Kabylie.

Le pouvoir algérien pense avoir trouvé la parade pour faire participer le plus grand nombre possible de candidats à Tizi Ouzou. Rien n’est moins sûr. Le rejet est total. En plus de la mouvance indépendantiste, URK et MAK, qui rejette de manière systématique toutes les élections organisées par le régime colonial, même la majorité des militants des partis kabyles, FFS et RCD, ne sont pas favorables à la participation.

La participation à une élection législative en Algérie n’attire que les opportunistes. Tout le monde sait que le parlement algérien ne décide de rien et n’a aucun poids sur la vie politique du pays. Les décisions sont toujours prises loin du parlement et les députés ne jouent qu’un rôle de décor dans une démocratie de façade.

La seule élection qui intéresserait le peuple kabyle serait un référendum d’autodétermination.

Idir Yatafen

1 COMMENTAIRE

  1. Le grand classique: quand personne ne veut venir à ta fête, tu multiplies les invitations… et tu espères que ça ressemble à un succès.
    Franchement, difficile de ne pas voir la logique. Empiler 33 listes pour 15 sièges, ce n’est plus une élection, c’est une stratégie de remplissage. À ce rythme-là, on ne cherche pas une représentation politique, on cherche des figurants pour donner l’illusion que tout le monde participe. Un peu comme un plateau télé où le public est là mais personne n’écoute vraiment.
    Sur le fond, le point sur le rôle du parlement n’est pas sorti de nulle part non plus. Dans beaucoup d’analyses politiques sérieuses, le système algérien est souvent décrit comme très centralisé, avec un pouvoir décisionnel concentré ailleurs que dans les institutions élues. Donc oui, parler de décor est sarcastique mais pas totalement déconnecté de la réalité perçue par une partie de la population.
    Et puis cette idée de participation opportuniste disons qu’elle pique, mais elle reflète un scepticisme largement répandu dans les contextes où les électeurs savent que leur vote ne change pas grand-chose. Quand la confiance dans les institutions est basse, les candidatures multiples peuvent vite ressembler à une course aux avantages plutôt qu’à un vrai engagement politique.
    Quant au rejet massif évoqué, il faut rester un minimum prudent: dire tout le monde rejette est toujours un peu exagéré il y a presque toujours une diversité d’opinions, même si elle est moins visible. Mais clairement, il existe une défiance importante dans certaines régions, et ça, ce n’est pas une invention.
    Et la chute est presque ironique: après tout ce théâtre électoral, ce que certains réclament réellement, ce n’est pas une énième liste ou un siège de plus mais une consultation qui aurait, à leurs yeux, une vraie portée politique. Là, on passe du décor à une demande de décision réelle. Forcément, ça change le niveau de risque pour ceux qui organisent le spectacle.
    Bref, si l’objectif était de convaincre, empiler des listes ressemble plus à une opération cosmétique qu’à une solution. Mais bon, parfois, en politique, l’important n’est pas que ça fonctionne c’est que ça ait l’air de fonctionner.

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