Tizi Ouzou : la demande de construction d’une « mosquée-pôle » par un sénateur FFS suscite la polémique

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La demande de construction d’une « mosquée-pôle » par un sénateur FFS
La demande de construction d’une « mosquée-pôle » par un sénateur FFS

KABYLIE (TAMURT) – La demande adressée par Mohamed Klalèche, sénateur du Front des Forces Socialistes (FFS) de Tizi Ouzou au ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs pour la construction d’une grande « mosquée-pôle » au chef-lieu de Tizi Ouzou a suscité une vive polémique en Kabylie.

Dès que la démarche a été rendue publique ce vendredi 31 juillet, les réactions de rejet et de perplexité se sont multipliées, tant au sein de la société civile que chez les observateurs politiques. Les critiques portent sur l’urgence des investissements publics dans la région. Les détracteurs du projet soulignent que Tizi Ouzou fait face à des défis économiques et sociaux bien plus pressants. Face aux critiques, le parlementaire a supprimé son message posté sur Facebook.

Pour de nombreux internautes et militants kabyles, cette démarche du sénateur FFS de Tizi Ouzou constitue une rupture incompréhensible avec la ligne historique de son parti fondé par Hocine Aït Ahmed. Le FFS historique s’est toujours inscrit dans le combat pour l’État de droit, la séparation du politique et du religieux, et la liberté de conscience. Voir un représentant du parti faire la promotion prioritaire d’un projet religieux institutionnel est perçu comme une dérive opportuniste ou un alignement regrettable sur la rhétorique du pouvoir central d’Alger.

En outre, en Kabylie, les mosquées de villages sont traditionnellement financées et construite par la solidarité locale. La création d’une « mosquée-pôle » d’État est souvent perçue avec méfiance, certains y voyant une tentative de mainmise idéologique du ministère algérien des Affaires religieuses sur le discours religieux local. En demandant une énième mosquée, le sénateur FFS ignore l’urgence d’infrastructures de santé publiques modernes et de centres hospitaliers et la nécessité de projets industriels, d’équipements sportifs et culturels pour la jeunesse, ainsi que le renforcement de la gestion de l’eau et des infrastructures routières en milieu rural en Kabylie.

Par ailleurs, le sénateur du FFS n’a fait aucune référence à la situation de la communauté kabyle chrétienne à Tizi Ouzou, injustement privée de ses lieux de culte. Ce silence ravive un débat profond sur la liberté de conscience et la représentativité des élus en Kabylie. « Élu avec 1,37 %, le voilà qu’il décide déjà du destin de la wilaya qui n’a pourtant pas voter. (…) Comme si la Kabylie manquait de mosquées alors qu’elle est le plus grand territoire doté de ces usines à humanoïdes. Terrible et triste », a réagi un internaute kabyle. « La Kabylie a besoin d’un pôle économique et des usines », s’indigne un autre internaute.

Aksil K.

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