« La Légende » : le cri de liberté de Boualem Sansal

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La Légende de Boualem Sansal
La Légende de Boualem Sansal

FRANCE (TAMURT) – Ce mardi 2 juin 2026 marque un tournant littéraire et politique majeur dans la vie de l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, avec la parution, aux éditions Grasset, de son nouveau récit La Légende. Loin d’être un simple témoignage, cet ouvrage de 252 s’impose comme le réquisitoire implacable d’un homme que le régime algérien a tenté, pendant un an, de faire disparaître.

Dans ce récit, né au cœur de l’ombre, Boualem Sansal revient sur une année de détention qui a tenu le monde en haleine. Arrêté le 16 novembre 2024 et condamné en mars 2025 à cinq ans de prison ferme pour notamment « atteinte à l’unité nationale », l’écrivain de 80 ans raconte dans La Légende l’épreuve de sa captivité. Dans ce nouveau livre, Boualem Sansal ne se limite pas au récit carcéral d’un détenu, mais explore la mécanique de l’arbitraire dont excelle le régime algérien. Comme l’explique l’auteur dans plusieurs interviews accordées à des médias de l’Hexagone, ce récit est une tentative de « se réapproprier une histoire » qui lui a échappé, passant des mains d’un « grand magistrat » à celles d’un tribunal d’exception, pour finir au centre d’une tempête diplomatique mondiale.

Dans La Légende, l’écrivain franco-algérien dénonce la justice aux ordres, instrumentalisée par le régime algérien pour museler toute voix discordante en Algérie. La détention de l’écrivain Boualem Sansal n’a pas seulement été une épreuve personnelle, mais elle a cristallisé les tensions entre Alger et Paris, particulièrement après le soutien apporté par la France au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. En effet, emprisonné d’abord dans un quartier de haute sécurité, isolé du monde, cet opposant à ce qu’il qualifie de « la maffia des généraux » a vu son incarcération devenir le point focal d’une crise diplomatique sans précédent entre Alger et Paris.

La position de Boualem Sansal vis-à-vis du régime algérien est connue de tous. C’est celle d’un homme qui, malgré les menaces, a refusé de s’exiler intellectuellement avant son arrestation. Pour lui, le pouvoir en place n’est pas un gouvernement, mais une structure clanique dont la survie repose sur la captation de la rente et une « cruauté à toute épreuve ». Il faudra attendre le 12 novembre 2025 pour qu’une grâce présidentielle, obtenue suite à l’intervention du président allemand Frank-Walter Steinmeier, lui permette de retrouver la liberté et de quitter l’Algérie pour raisons de santé.

Aujourd’hui, Sansal ne se contente pas de raconter. Il a exprimé son désir de poursuivre le régime algérien devant la justice internationale, dénonçant l’absence d’un procès équitable et les conditions de son internement. Justement, l’écrivain met en lumière dans La Légende, l’impunité dans laquelle prospèrent les bourreaux. Son livre transforme une expérience individuelle en un symbole de résistance contre un pouvoir sans contrepoids. Loin d’être apaisé, Sansal réaffirme son rôle d’intellectuel engagé, pour qui écrire reste l’acte ultime de résistance face à ceux qui ont voulu « effacer » son existence. « Les bourreaux prospèrent dans l’anonymat ; la lumière commence par les désigner. Ces pages n’adoucissent rien : elles éclairent », écrit Boualem Sansal dans La Légende.

Arezki Massi

La Légende

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