KABYLIE (TAMURT) – Vingt-cinq ans après la marche du 14 juin 2001 de deux millions de Kabyles sur la capitale algérienne, Alger, les Kabyles se souviennent de la manière dont le pouvoir et le peuple algériens ont rejeté les Kabyles comme des étrangers envahisseurs.
La veille, des prisonniers ont même été libérés pour refouler « l’envahisseur » kabyle. Naïvement, les Kabyles ont organisé une grandiose marche pour déposer une plate-forme de 15 points de revendications pour toute l’Algérie, après que des gendarmes ont reçu l’ordre de tirer à balles réelles contre les populations civiles kabyles.
Un carnage a eu lieu en Kabylie, commis par les autorités algériennes. Tous ces sacrifices n’ont pas suffi à attirer au moins la sympathie du peuple algérien envers les Kabyles. Rien. Au contraire, la majorité des Algériens ont soutenu ouvertement les gendarmes criminels.
La marche a été sabotée. Policiers, agents du DRS et Algérois ont conjugué leurs efforts pour repousser les Kabyles chez eux. Des jeunes ont été poignardés, d’autres jetés dans la rivière d’El Harrach, arrêtés ou blessés.
Ce jour-là, le pouvoir algérien et son peuple ont tracé les frontières de la Kabylie. Le MAK avait vu le jour et le divorce était consommé. Le chemin est encore long et sinueux pour la libération effective de la Kabylie, mais ce projet verra le jour tôt ou tard.
Le sang des victimes du Printemps noir ne sera pas oublié. Kamel Irchen, sur qui des gendarmes ont tiré à balles réelles dans la ville d’Azazga, a écrit avec son sang le mot « LIBERTÉ », juste avant de rendre l’âme.
Idir Yatafen


