
ALGER (TAMURT) – Fraîchement élue à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne, Khalida Boufedech, la nouvelle présidente du Parlement, d’obédience FLN, s’est empressée de réserver sa première sortie officielle au chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune. Mais au-delà de la poignée de main protocolaire, ce premier tête-à-tête à El Mouradia a surtout pris des allures d’allégeance politique, soulevant une question de fonds : que reste-t-il du rôle de contrôle de l’exécutif dévolu au parlement ?
Dès les premières heures suivant son élection au sommet de l’hémicycle Zighoud Youcef, la présidente de l’APN s’est rendue au palais présidentiel. Face à Abdelmadjid Tebboune, le discours prononcé n’a laissé que peu de place au doute quant au cap fixé : loyauté, alignement sur la feuille de route présidentielle et soutien inconditionnel aux orientations du gouvernement ! En vérité, en affirmant d’emblée son adhésion sans réserve aux projets de l’exécutif, la présidente de l’APN s’inscrit dans une tradition politique bien ancrée en Algérie.
Pourtant, dans une démocratie parlementaire ou dans un régime assurant la séparation des pouvoirs, le rôle de la présidence de l’Assemblée obéit à une tout autre logique. L’APN n’est pas censée être une chambre d’enregistrement, mais le cœur battant du débat démocratique. Sa mission première, inscrite au centre du mandat parlementaire, devrait reposer sur deux piliers : voter les lois et contrôler l’action du gouvernement. Toutefois, en prêtant allégeance dès son entrée en fonction, la troisième personnalité de l’État en Algérie confirme que le contrôle de l’exécutif est le grand absent de la mission du parlement algérien, réduit à une chambre d’enregistrement.
Concernant la Kabylie, cela fait plusieurs décennies qu’une part importante de ses citoyens exprime une méfiance marquée envers le système parlementaire central. Cette distance se traduit régulièrement par des taux de participation historiquement bas lors des scrutins nationaux algériens (législatives et présidentielles), reflétant le sentiment que l’APN ne constitue pas un relais efficace et légitime pour la représentativité kabyle. Pour la majorité des kabyles, le parlement algérien est perçu comme une simple chambre d’enregistrement des décisions exécutives du régime algérien plutôt que comme un contre-pouvoir indépendant.
Arezki Massi


A quand notre gouvernement notre indépendance notre propre souveraineté.La Kabylie n’en peut plus de ce fardeau algérien annexer par la France.Seul la Kabylie fait rayonner l’Algérie sans nous ils ne sont rien c’est tout pour cela qu’ils nous déteste et essaie de nous faire taire malheureusement on a perdu cet combativité qu’on avait y’a quelques années ce courage qui nous poussaient à sensibiliser à la cause kabyle à la haine viscérale qu’on subit.J’espère que le MAK et ikvaylin se bâteront comme on s’est toujours battus.Sensibilisés autour de vous et parler de cette cause de plus possible sans ça on n’avancera pas.On risque notre vie pour défendre nos cause défendre le MAK qui je l’espère fera son maximum pour eux aussi nous défendre même avec cette peur qui nous ronge.On a été des centaine à participer au manif du MAK à paris on a tous été victime de menace de la part dès chienne du gouvernement Tebboune et de toute la mafia DZ.Vive tamazight negh vive takvaylit et vive le MAK.
Il faut reconnaître au système algérien une remarquable cohérence: même le Parlement ne prend pas le risque de surprendre le pouvoir. La Constitution prévoit que l’APN légifère et contrôle l’action du gouvernement. Sur le papier, donc, le Parlement devrait pouvoir jouer son rôle de contre-pouvoir. Dans la réalité politique, lorsqu’une nouvelle présidente de l’APN commence son mandat en allant immédiatement rendre visite au chef de l’État pour réaffirmer sa fidélité aux orientations présidentielles, on peut légitimement se demander où commence le contrôle parlementaire et où finit l’allégeance institutionnelle.
Et soyons précis: l’Algérie n’est pas un régime parlementaire. C’est justement pourquoi le Parlement devrait au minimum exercer pleinement les fonctions de contrôle que lui confère la Constitution. Sinon, autant rebaptiser l’APN aus SNVDDP, Service national de validation des décisions déjà prises: ce serait moins prestigieux, mais beaucoup plus transparent.
Les chiffres électoraux de 2026 rendent d’ailleurs la situation encore plus savoureuse : selon les résultats officiels définitifs, la participation aux législatives du 2 juillet n’a été que de 21,24 % à l’intérieur du pays, tandis que le FLN est arrivé en tête avec 90 sièges sur 407.
Et c’est là que la question de la Kabylie devient particulièrement intéressante. Depuis des années, l’abstention y est régulièrement très élevée lors des scrutins nationaux. En 2026, des sources locales ont même rapporté des bureaux de vote quasiment désertés en Kabylie, tandis que les chiffres officiels annonçaient une participation sensiblement supérieure.On peut donc difficilement demander aux Kabyles de considérer l’APN comme le grand instrument de leur représentation politique lorsqu’une partie importante de la population ne croit manifestement plus que cette institution puisse modifier quoi que ce soit.
Mais rassurons-nous: tout fonctionne parfaitement.
Le peuple vote peu, le FLN gagne beaucoup, le Parlement est élu, la présidente rencontre le président, le président donne les orientations, et le Parlement les accompagne.
Il ne manque plus qu’une petite chose: le contrôle du gouvernement par le Parlement. Mais bon chaque institution a ses limites.
Dans le système algérien, il semblerait simplement que la limite du Parlement soit le palais présidentiel.