Tebboune veut-il rétablir la peine de mort pour faire peur à ses opposants ?

0
746
A. Tebboune
A. Tebboune

ALGÉRIE (TAMURT) — Tebboune estime que les feux et les incendies qui ont ravagé la Kabylie, ainsi que la région de Jijel, sont d’origine criminelle.

« Ce n’est pas normal. Il faisait chaud et les vents étaient forts, mais je suis certain que l’origine de ces feux est criminelle. Nous sommes en train d’enquêter », aurait déclaré le chef de l’État algérien le 27 août dernier. Quelques heures plus tard, il a annoncé que la peine de mort pourrait être appliquée contre les auteurs d’incendies criminels.

Tebboune ne rencontrerait aucune difficulté, sur le plan juridique, à faire appliquer cette peine, puisque la peine capitale n’a jamais été officiellement abolie en Algérie. Elle est toutefois suspendue depuis 1993, et aucune exécution n’a eu lieu depuis cette date. Des condamnations à mort ont néanmoins continué à être prononcées par les tribunaux.

En théorie, un tribunal peut donc toujours prononcer une peine de mort en Algérie. Mais son exécution nécessite une décision officielle des autorités. C’est dans ce contexte que les déclarations de Tebboune, après les incendies meurtriers, ont suscité de nombreuses interrogations.

À vrai dire, ce ne seraient pas seulement les victimes des incendies qui préoccupent le président. Il craindrait également les luttes entre clans au sein de l’armée et les conséquences politiques de ces événements en Kabylie et à Jijel. Cette situation lui offrirait aussi l’occasion d’adresser un avertissement à ses détracteurs, en rappelant que la peine capitale demeure inscrite dans le droit algérien.

Pourtant, si la peine de mort devait un jour être appliquée dans un cadre judiciaire réellement impartial, les accusations visant certains proches du pouvoir devraient également être examinées avec la même rigueur. La justice ne peut être crédible que si elle s’applique à tous, sans distinction.

Tebboune recourrait ainsi à différentes menaces et formes de pression contre ses adversaires. Après avoir évoqué la déchéance de la nationalité algérienne, il brandirait désormais la peine de mort contre ses opposants.

Le président est inquiet face aux luttes de pouvoir qui traversent le régime. Il sait qu’à tout moment, un autre clan militaire pourrait tenter de le renverser et de l’écarter du pouvoir. Dans un pays où les rapports de force dominent encore largement les institutions, la loi du plus fort continue de prévaloir.

Idir Yatafen

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.