Aksil n’At-Dwala versus ammi Salah de Beni-Douala

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Troisième partie : Guermah Masinissa, Matoub Lwenas et la République kabyle; Face à l’indifférence totale des Algériens après le boycott scolaire des écoliers et étudiants kabyles au cours de l’année scolaire 1994-1995, Aksil commençait sérieusement à s’interroger sur une possible cohabitation entre les deux peuples.

Ce sentiment s’est renfoncé en lui après le lâche assassinat de Matoub Lwenas en 1998, lorsque les Arabes algériens, toute honte bue, dansaient de joie pour fêter la liquidation du « mécréant », alors que le monde civilisé pleurait la perte d’un grand homme, d’une belle voix et d’un poète qu’on croyait immortel.

Malgré tout, Aksil caressait toujours l’espoir d’un éveil collectif et d’un possible avenir avec les Algériens. Toutefois, son espoir s’est irrémédiablement évaporé au printemps 2001.

Le 18 avril 2001, un jeune lycéen d’At-Dwala, Guermah Massinissa, est cruellement assassiné par les gendarmes algériens, à l’intérieur même du siège de leur brigade, ancien siège de la SAS de Jacques Soustelle. Combattant de l’ALN (1954-1962) et du FFS en 1963, Da Rezki du village Tala-Khelil, a versé de chaudes larmes lors de l’enterrement de Guermah Massinissa à Agouni-Arous. Il dira, avec amertume, qu’il n’a jamais pensé voir se transformer une SAS qui servait de lieu de torture de l’armée française, en boucherie pour éliminer l’innocence kabyle! Il enchaîna en paraphrasant le grand dramaturge Mohya qui a laconiquement affirmé que « l’indépendance » n’était qu’une illusion. Dans les faits, depuis 1962, la France est sortie pour laisser la place à l’Algérie coloniale! (Tiffeɣ Fransa, tkecme-d Lezzayer!)

Quelques jours après l’horrible assassinat de Guermah Massinissa, le sinistre Yazid Zerhouni, ex-patron de la police politique algérienne, attise le feu en traitant la victime de voyou. Il ordonna par la suite aux forces coloniales algériennes de procéder à une épuration ethnique et de tirer à balles explosives sur tout ce qui est kabyle. En moins d’une semaine et dans les quatre coins de la Kabylie, 128 Kabyles ont été haineusement assassinés et plus de 2 000 autres ont été grièvement blessés. À ce jour, ni Yazid Zerhouni, ni aucun de ses acolytes n’a été inquiété par la Cour pénale internationale pour être jugé pour crime contre l’humanité commis en Kabylie en 2001. Plutôt que d’apporter un soutien franc et net aux Kabyles, les Algériens n’ont pas trouvé mieux que de se solidariser avec… des terroristes du Hamas palestinien, exactement comme ils le font ces jours-ci un peu partout.

Depuis ce temps-là, Aksil qui a été honni par l’Algérie coloniale dès sa naissance, a décidé de lui tourner le dos définitivement. Il a juré sur Akal Avarkan n’At-Dwala, sur Yema Gouraya, sur Azru n’Thour et sur tous les saints du mont d’olivier du Djurdjura de ne plus perdre son temps et son énergie à quémander Tamazight, la démocratie, la laïcité et l’amélioration des conditions de vie des phoques de l’oasis de Hassi Bahabah!

Aksil s’est également débarrassé de la haine de soi et s’est affranchi du complexe du colonisé, que trainent lugubrement et inconsciemment les anciens militants du MCB et « les acteurs d’avril 80 », pour être simplement lui-même comme l’avait souhaité Matoub Lwenas. Plus déterminé que jamais, Aksil Unira ses forces avec celles de tous les nationalistes de la grande famille patriotique kabyle pour concrétiser le rêve de Matoub Lwenas : la République de Kabylie.

Lire aussi la première et la deuxième partie de Aksil n’At-Dwala versus ammi Salah de Beni-Douala.

Amayas B.

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