Agouni Gueghrane : Le centenaire de Slimane Azem dédié à Matoub Lounès

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Matoub
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KABYLIE (Tamurt) – Une excellente idée vient de germer dans la région natale du maitre de la chanson kabyle Slimane Azem, Agouni Gueghrane. L’occasion, c’est la commémoration du centenaire de ce chanteur, l’un des meilleurs et l’un des plus libres que la Kabylie profonde a enfanté.  En effet, nous venons d’apprendre que la société civile, le mouvement associatif et l’assemblée populaire communale (APC) d’Agouni Gueghrane dans la daïra des Ouadhias organiseront la commémoration du centenaire de la naissance de Slimane Azem à partir du 28 août prochain jusqu’au mois d’août 2019 et cette série d’événements commémoratifs sera dédié au rebelle Matoub Lounès.

Il s’agit là d’une idée originale voire géniale que d’associer deux noms aussi brillants de la chanson kabyle ayant tous les deux plus d’un point commun. Les organisateurs ont indiqué que ce riche programme sera inauguré par une semaine culturelle dont le coup d’envoi aura lieu au chef-lieu de la commune d’Agouni Gueghrane le 28 août 2018. Au menu de cette semaine culturelle, on annonce des expositions non-stop, des récitals poétiques, des pièces de théâtre, des conférences, des témoignages sur la vie et l’œuvre de Slimane Azem ainsi que des galas artistiques.

L’idée d’associer deux noms aussi mythiques dans la société kabyle, Slimane Azem et Matoub Lounès, est un hommage que méritent amplement ces deux symboles surtout que tous les deux, ils ont souffert durant toute leur vie de mille et une injustices provenant aussi bien du pouvoir dictatorial du FLN que de la part des chanteurs kabyles de service. Il s’agit, pour rappel, des deux chanteurs qui ont été bannis des ondes de la radio kabyle-chaine II durant des décennies.

Les deux artistes ont de nombreux points communs comme le fait d’avoir toujours refusé de chanter sous l’égide des institutions officielles et culturelles  du pouvoir mafieux algérien mais aussi de ne jamais avoir accepté applaudir un quelconque roi du moment. Deux poètes libres comme il n’y en aura sans doute jamais. Deux artistes irremplaçables, deux voix magiques, deux destins qui se ressemblent et un même peuple qui les adulent.

Tahar Khellaf