KABYLIE (TAMURT) – Les services de sécurité algériens ont procédé, en début de semaine, à l’arrestation du neveu du général M’henni Djebbar.
Sofiane, âgé d’une vingtaine d’années, a été placé sous mandat de dépôt par un juge d’instruction. Selon des sources concordantes, il lui est reproché d’avoir partagé une vidéo jugée sensible sur les réseaux sociaux, en lien avec la question de l’indépendance de la Kabylie.
La vidéo en question est liée au rappeur Lotfi Double Kanon, connu pour ses prises de position engagées. Les autorités soupçonneraient le jeune homme d’affinités avec la mouvance indépendantiste, ce qui pourrait entraîner des poursuites lourdes.
D’après les mêmes sources, l’affaire pourrait être requalifiée en dossier criminel, ce qui exposerait le mis en cause à des peines importantes. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été communiquée à ce sujet.
Les proches du jeune homme, tout comme ses avocats, n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement. Le dossier reste entouré d’un certain silence, et peu d’informations ont filtré jusqu’à présent.
À ce stade, il n’est pas établi si le partage de cette vidéo relevait d’un engagement politique ou d’un acte isolé sans intention particulière. Quoi qu’il en soit, écouter de la musique n’a jamais été un acte terroriste… sauf pour le régime algérien.
Lyes B.



Magnifique démonstration de la stabilité du régime: inflation, chômage, fuite des cerveaux, hôpitaux en crise, heragas… mais l’urgence nationale reste un jeune qui partage une vidéo. On comprend enfin la stratégie sécuritaire du siècle: traquer les playlists avant de régler les vrais problèmes.
Le plus comique, c’est la possible requalification criminelle. Donc en 2026, ailleurs on poursuit la cybercriminalité, la corruption ou les réseaux mafieux et en Algérie on peut finir avec un dossier lourd pour un clic sur partager. Silicon Valley invente l’IA, Alger perfectionne la police du bouton « partage ».
Et quelle ironie délicieuse: même le neveu d’un général n’est pas protégé. Traduction simple: dans un système arbitraire, personne n’est à l’abri. Quand la machine répressive tourne sans règles claires, elle finit toujours par avaler ses propres enfants.
Quant à l’idée qu’écouter ou diffuser un rappeur serait une menace pour l’État, c’est presque flatteur pour l’artiste. Si une chanson fait trembler un régime armé de tribunaux, de médias officiels et d’appareils sécuritaires, alors le problème n’est pas la chanson. Le problème, c’est la fragilité du régime.
En résumé: quand un pouvoir a peur d’une vidéo, ce n’est pas la vidéo qui est puissante c’est le pouvoir qui est faible.