Exploitation de la mine Tala Hamza-Amizour : « une arnaque économique ! », dénonce un expert onusien

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Mine Tala Hamza-Amizour
Mine Tala Hamza-Amizour

BGAYET (TAMURT) – Lancé officiellement en mars 2026 suite à un coup de force du régime algérien, le projet d’exploitation de la mine de zinc et de plomb à Tala Hamza et Amizour, dans le département de Bgayet, en Kabylie, n’est qu’une « arnaque économique », dénonce Sidi Menad Si Ahmed, expert sénior onusien pour le climat et l’ozone, et lui-même originaire de Bgayet. « Les bénéfices que l’on veut tirer de l’extraction du plomb et du zinc au niveau de Tala Hamza c’est trois fois rien à côté des dommages et des dégâts que cette mine va occasionner pour la vallée de la Soummam et les habitants de la région… », s’est dernièrement indigné ce climatologue dans une intervention intitulée « Mine de Tala Hamza : développement à quel prix ? »

Confié par le régime algérien à la compagnie TERRAMIN AUSTRALIA, que l’expert Sidi Menad Si Ahmed désigne à juste titre d’entreprise « au bord de la faillite », le projet d’exploitation de la mine Tala Hamza-Amizour continue de susciter l’indignation. Président de l’association Tafelwit, engagée pour le développement durable et la protection de l’environnement, ce chercheur scientifique est revenu récemment à la charge en qualifiant ce projet d’« arnaque économique ». « C’est un mensonge ! C’est une arnaque économique ! Le bénéfice qu’on va en tirer est un peu près de 65 millions de dollars par an pour la partie algérienne et 63 millions de dollars pour la partie australienne. Qu’est ce que c’est 65 millions de dollars pour un pays comme l’Algérie ? Est-ce que cela vaut le coup de détruire cet environnement et gêner toute une population d’un point de vue sanitaire et nuisance. C’est inacceptable! », a-t-il fulminé.

Ce scientifique soulève un paradoxe, qui interpelle, quant aux capacités de cette entreprise à faire face aux éventuels risques qu’engendrerait l’exploitation de la mine de Tala Hamza. « Terramin n’a pas obtenu l’autorisation d’exploiter une petite mine d’or souterraine à haute teneur dans les collines d’Adélaïde (Australie), notamment en raison des risques pour la nappe phréatique et les vignobles. Or, les pollutions et nuisances d’une mine de zinc et de plomb sont considérablement plus importantes que celles d’une mine d’or », a-t-il analysé, tout en mettant en exergue la fragilité financière structurelle de cette compagnie. « Terramin est qualifiée de société ‘’Junior‘’ dans le secteur minier : une petite entreprise, généralement en phase d’exploration et de développement, sans mine en exploitation générant des revenus réguliers », a affirmé Sidi Menad Si Ahmed dans un document portant sur une analyse critique visant à mettre en lumière les liens entre la situation financière de l’entreprise Terramin, qui a été choisie pour l’exploitation de la mine de Tala Hamza, et les risques environnementaux et financiers associés à ce choix.

Ce document précise que « Terramin ne dispose pas des fonds propres nécessaires pour financer sa quote-part » dans le montage financier de ce projet. « Elle dépend donc entièrement du prêt consenti par la banque algérienne et du crédit fournisseur de Sinosteel pour que le projet se concrétise », a-t-on relevé. Dans un autre chapitre, cet expert onusien est revenu sur les risques environnementaux et enjeux locaux de ce projet. La mise en exploitation de cette mine met en danger la nappe phréatique de la Soummam, qui est un patrimoine classé RAMSAR. « La vallée de la Soummam bénéficie d’une protection internationale de la plus haute importance : elle est classée zone humide protégée par la Convention de Ramsar, que l’Algérie a ratifiée (décret n° 82-439 du 11 septembre 1982). L’arrêté du wali de Béjaïa n° 13/1000 du 06/05/2013 confirme ce statut de zone humide d’importance internationale », a-t-on soutenu. Ainsi donc, le risque de pollution de la nappe alluviale de la Soummam est bien réel. Selon des experts, cette nappe est estimée à plus de 1 600 milliards de m³. « Le procédé de flottation pour le raffinage du zinc et du plomb libère des particules toxiques. Les résidus miniers (52 millions de tonnes de stériles) stockés en surface présentent un risque de drainage acide (lixiviation) », alerte ce document.

Bien sûr, le régime algérien fait fi des recommandations des experts. Aux risques environnementaux, c’est tout un patrimoine mémoriel et culturel qui risque de disparaître avec l’exploitation de cette mine. « Le village d’Ibezghichen (commune d’Amizour), situé dans le périmètre direct du projet minier, abrite des maisons traditionnelles ancestrales dont l’architecture kabyle en pierre sèche constitue un témoignage irremplaçable du mode de vie et du savoir-faire constructif de la région. Ces bâtisses, certaines datant de plusieurs siècles, sont des marqueurs identitaires forts pour les familles qui en sont issues, dont plusieurs ont déjà été déplacées », souligne-t-on dans cette analyse.

Pas moins de 234 hectares ont été expropriés en octobre 2024 dans le cadre de la réalisation de ce projet, « ce qui compromet directement la préservation de ces structures », déplore-t-on, d’autant plus qu’« aucun inventaire patrimonial indépendant n’a été rendu public avant le lancement des travaux », se plaint la même source.

Arezki Massi

3 Commentaires

  1. On a réduit le citoyen à un simple sujet incapable de s’indigner par peur pour sa pseudo liberté et son petit confort minable .
    En France , les populations ont pu stopper plusieurs projets grâce a sa mobilisation.
    C’est quoi cette peur ambiante dans le pays qui s’apparente à de la lâcheté, incapable d’affronter un système destructeur et spoliateur des richesses du peuple qui ne tiens compte ni des conséquences écologiques dans la région ni du bien être du citoyen.

  2. Azul . le pouvoir algérien fourbe et cynique , fidèle à ses méthodes autoritaires de gestion est bien décidé au prétexte de développement de la région ,d’user de tous les subterfuges afin de m’être en oeuvre son projet de destruction de la Kabylie , dans tous les domaines .

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