Bataille acharnée contre les incendies à Bgayet et Ait Ourtilane

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Incendies à Bgayet et Ait Ourtilane
Incendies à Bgayet et Ait Ourtilane

KABYLIE (TAMURT) – Depuis 48 heures, la Kabylie est en proie aux flammes et revit le spectre des incendies de forêt, attisés par une canicule extrême où le thermomètre a localement frôlé les 44 °C à 46 °C. Les massifs forestiers, les oliveraies et les maquis du département de Bgayet, ainsi qu’à Ait Ourtilane, région kabylophone de Sétif, subissent de plein fouet des départs de feu simultanés. Les moyens mobilisés sont insuffisants face à l’ampleur de la catastrophe. Le mot d’ordre reste la vigilance absolue.

À Bgayet, la situation est particulièrement éprouvante. Des localités comme Ait Maouche, Ouzelaguene, Tichy ou encore Ighrem ont vu les flammes dévorer des hectares de végétation et d’oliveraies ancestrales. Grâce à l’intervention acharnée de la Protection civile, assistée par la population locale, une dizaine de foyers majeurs ont pu être maîtrisés, limitant ainsi le pire. Toutefois, de nouveaux départs de feux ont été enregistrés, ce lundi 13 juillet, aidés par des vents violents. La vigilance est de mise. En effet, dans les régions montagneuses de la Kabylie, les maisons sont souvent construites à flanc de montagne, entourées de vergers, de maquis et d’oliveraies. Quand le feu prend de l’ampleur sur ces pentes escarpées, portés par des vents chauds et secs, il remonte à une vitesse fulgurante vers les habitations. C’est le cas dans la commune d’Ait Maouche ou à Ait Djelil, où un éleveur de volaille a vu le sacrifice d’une vie professionnelle parti en fumée. Pour ce jeune éleveur du village Iâadnanen, la perte est totale et catastrophique. Son poulailler de 28 000 poussins, représentant un investissement colossal, des mois de préparation et souvent le fruit de toute une vie de travail ou d’endettement, a été détruit par les flammes. La présence dans le poulailler de 25 bonbonnes de gaz (essentielles pour réguler la température et chauffer les poussins dans ce type d’élevage) a dû transformer le site en un véritable brasier explosif, rendant toute tentative de sauvetage du matériel ou des animaux extrêmement dangereuse.

Le courage héroïque de la jeunesse
Ce drame met également en lumière l’immense courage — et le coût terrible — de la solidarité citoyenne. Trois jeunes, venus spontanément au milieu du chaos pour prêter main-forte et tenter de sauver ce qui pouvait l’être, ont payé leur courage au prix fort. Leurs motocycles ont entièrement été détruits par les flammes. Dans ces régions montagneuses de Kabylie, les motos pour cette jeunesse, c’est souvent le seul moyen de transport pour travailler, se déplacer entre les villages escarpés et garder une liberté de mouvement. Le fait que leurs motos aient été brûlées montre à quel point le feu a encerclé les lieux à une vitesse fulgurante, ne leur laissant que le temps de fuir à pied pour sauver leur propre vie. Ce sinistre à Ait Djelil résume à lui seul toute la tragédie de ces jours sombres : la perte cruelle des moyens de subsistance pour les travailleurs de la terre, et le sacrifice d’une jeunesse solidaire qui donne tout pour soutenir ses voisins face à la catastrophe.

Ait Ourtilane en flammes
Quelques kilomètres plus loin du chef-lieu de Bgayet, la région d’Ait Ourtilane, située à la lisière de la wilaya de Sétif, en haute Kabylie, livre elle aussi un combat acharné contre les incendies. Ce relief escarpé rend l’accès particulièrement complexe pour les camions de pompiers. Dans cette région de haute Kabylie, la topographie des villages rend la frontière entre la forêt et les habitations presque inexistante. Les flammes, poussées par des vents secs, rappellent la vulnérabilité de ces villages accrochés à la montagne, où la solidarité citoyenne s’est immédiatement mise en branle pour prêter main-forte aux secours et aux colonnes mobiles de la Protection civile et de la Conservation des forêts, qui consolident sans relâche les lignes de défense pour protéger les zones habitées. Alors que les services météorologiques maintenant des alertes aux températures extrêmes, il est important d’éviter tout comportement à risque : nettoyage par le feu imprudent, désherbage sauvage en pleine journée ou dépôts d’ordures non contrôlés, qui agissent comme de véritables bombes à retardement sous l’effet du soleil. La bataille contre le feu continue, portée par le courage des pompiers et la résilience des populations locales.

Arezki Massi

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