Massacres du 08 mai 1945 à Kherrata : Quand l’armée française jetaient des kabyles vivants dans les ravins de Chaâbet El-Akhira !

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Les gorges de Kherrata en Kabylie
Les gorges de Kherrata en Kabylie

BGAYET (TAMURT) – Les massacres du 08 mai 1945, perpétrés par l’armée coloniale française et des milices des colons, dans les régions de Kherrata et Melbou, dans le département de Bgayet, en Kabylie, occupe une place centrale dans la mémoire nationale du peuple kabyle.

Alors que l’Europe et les Alliés célébraient la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire sur le nazisme, des milliers de kabyles et d’algériens, dont des concitoyens ont été mobilisés dans cette guerre, sont sortis manifester pour réclamer la liberté et l’indépendance. Les manifestations ont été réprimées dans le sang par des soldats et des hordes de civils européens. Les gorges de Kherrata furent particulièrement le théâtre de crimes abjects, quand des centaines de kabyles sont jetés vivants dans les ravins de Chaâbet El-Akhira (ravin du bout du monde), d’une hauteur de 500 m environ.

81 ans après, le peuple kabyle se souvient des pires atrocités commises par le colonialisme français à Kherrata et Melbou, en Kabylie. Ces crimes contre l’humanité restent à jamais gravés dans la mémoire collective du peuple kabyle. Des villages kabyles entiers ont été détruits par le feu et les bombardements, alors que des habitants ont été massacrés par l’armée française, qui se livraient à des exécutions sommaires.

Pour réduire à néant l’insurrection citoyenne, l’armée française a mobilisé le croiseur Duguay-Trouin, qui bombardait les hameaux des montagnes depuis la baie de Bgayet et Aokas. Des familles entières ont été massacrées et la violence meurtrière s’est également étendue aux régions côtières de Melbou et Souk El Tenine. Des moyens importants ont été utilisés dans cette répression sanguinaire qui a duré plusieurs semaines : unités terrestres, milices de civils, aviation, artillerie et navire de guerre. Ce vendredi 08 mai 2026, soit 81 ans après ces massacres indicibles, des cérémonies commémoratives sont organisées dans la ville historique de Kherrata et partout en Kabylie, pour honorer et perpétuer la mémoire des victimes.

Parmi ces victimes figurent le docteur Arab Hanouz et ses trois enfants. Ils ont été jetés vivants depuis le ravin de Chaâbet El-Akhira. Des témoignages locaux racontaient aussi que certaines personnes ont été ligotées avec du fil barbelé avant d’être précipitées depuis des falaises et des ponts par des soldats français, ce qui témoigne de la brutalité des massacres du 08 mai 1945. En plus de Kherrata et ses environs, en Kabylie, la répression coloniale avait également fait rage à Sétif et Guelma.

Arezki Massi

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