AGADIR (TAMURT) – Si la commémoration du printemps kabyle d’avril 1980 et Tafsut Taberkant de 2001 est strictement interdite par le régime algérien en Kabylie, sous peine d’être arrêté et emprisonné, des amazighs du Maroc ont commémoré ce double anniversaire en organisant des marches pacifiques dans plusieurs villes du Royaume, notamment à Agadir, Marrakech et Rabat.
Date marquant un tournant décisif et historique dans l’histoire contemporaine du peuple kabyle, la célébration du 20 avril est interdite en Kabylie par le régime colonial algérien depuis 2022. Toute manifestation culturelle ou activité politique liée à cette date symbolisant la lutte des kabyles pour leur dignité et identité est empêchée. Avant cette répression sans précédent, enclenchée en 2021, des milliers de kabyles participaient aux marches traditionnelles du 20 avril à Bgayet, Tizi Wezzu et Tuvirett, les grandes villes de la Kabylie, à l’appel des mouvements indépendantistes kabyles, l’URK et le MAK.
Aujourd’hui, en plus de la diaspora kabyle vivant notamment en Europe et en Amérique du Nord, des amazighs du Maroc commémorent ce double anniversaire du printemps berbère de 1980 et Printemps noir de 2001. « Tafsut n Imazighen, que l’on célébre autour du 20 avril, commémore les événements de 1980 en Kabylie et symbolise la lutte pour la reconnaissance de l’identité, de la langue et de la culture amazighes en Afrique du Nord.
Au Maroc, cette date est commémorée par des militants pour revendiquer les droits culturels et civiques », affirme un amazigh marocain, tout en soulignant que chaque année, « le mouvement amazigh marocain organise des activités, des séminaires ou des marches pour commémorer cet événement ». C’était le cas, ce dimanche 19 avril, où des marches pacifiques ont été organisées à Rabat, Agadir et Marrakech. Alors qu’en Kabylie, la revendication principale est désormais le droit à l’autodétermination du peuple kabyle, les amazighs du Maroc, indique un militant marocain, luttent « pour une justice linguistique et culturelle » et exigent « la pleine application de l’officialisation de tamazight ».
Les printemps kabyles de 1980 et 2001 ont connu une résonnance politique et culturelle au-delà de la Kabylie, voire dans toute Tamazgha.
Aksil K.



