ALGÉRIE (TAMURT) – Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), dirigé par Athmane Mazouz, semble prêt à rompre avec la stratégie de boycott adoptée lors des précédents scrutins. Sans décision officielle pour l’instant, plusieurs signaux internes laissent clairement entendre que le parti kabyle s’oriente vers une participation aux prochaines élections municipales.
Selon des sources concordantes et des déclarations de cadres influents du parti, le RCD aurait déjà commencé la préparation de ses listes électorales.
« Des listes sont bel et bien en cours de finalisation pour les municipales. Et une participation aux prochaines législatives est également envisagée. Une majorité de militants penche pour le retour aux urnes », confie un membre du Conseil national du RCD.
Parallèlement, l’aile dite « pro-Saïd Sadi », qui avait pris part aux dernières municipales à Vgayet et à Tizi Ouzou – sans remporter aucune commune – prépare également sa participation pour les prochains scrutins dans une partie de la Kabylie.
Du côté du Front des Forces Socialistes (FFS), le jeune premier secrétaire Youcef Aouchiche a déjà tranché : le parti participera aux législatives et aux municipales de l’année prochaine. Depuis le décès de Hocine Aït Ahmed en 2015, le FFS s’est progressivement éloigné de la ligne d’opposition historique, allant jusqu’à présenter un candidat lors de la dernière présidentielle.
Le grand absent demeure le peuple kabyle
Malgré les efforts du pouvoir pour afficher des taux de participation flatteurs, la Kabylie reste massivement en retrait des consultations électorales organisées par Alger. Le boycott populaire s’est installé comme une constante, porté à la fois par les mouvements indépendantistes – MAK et URK – très influents dans la région, mais aussi par une large frange de militants du FFS et du RCD, qui refusent de cautionner ce qu’ils perçoivent comme des simulacres d’élections.
Une nouvelle participation du RCD suffira-t-elle à inverser la tendance ? Difficile à croire au vu de l’ampleur de la rupture entre le peuple kabyle et les processus électoraux du régime.
Idir Yatafen


