KABYLIE (TAMURT) – Les deux partis kabyles, le FFS et le RCD, se retrouvent une nouvelle fois dans l’impasse. La débâcle des dernières élections législatives leur a porté un nouveau coup dur.
Selon les premiers résultats, le RCD n’a obtenu que cinq sièges. Le FFS en a décroché un peu plus, avec douze sièges. En dehors de la Kabylie, seul le FFS est parvenu à obtenir un siège, à Constantine. Tous les autres sièges ont été remportés en Kabylie. Quant au RCD, il n’a pratiquement recueilli aucune voix dans le reste de l’Algérie.
Les militants des deux partis commencent à s’interroger : à quoi servent encore le FFS et le RCD ? En Algérie, ils n’auront vraisemblablement jamais la possibilité de remporter ne serait-ce qu’une petite commune. En Kabylie, où ils mobilisaient jadis une grande partie de la population, ils sont désormais réduits à une influence très limitée.
Si des figures politiques comme Hocine Aït Ahmed et Saïd Sadi ne sont jamais parvenues à s’imposer en dehors de la Kabylie, il paraît encore plus difficile d’imaginer que les actuels dirigeants du FFS et du RCD puissent y parvenir aujourd’hui.
Plus de 80 % des Kabyles n’ont pas participé au scrutin, selon les chiffres officiels du régime algérien, chiffres que beaucoup estiment déjà largement gonflés. Ce rejet massif et récurrent des élections en Kabylie mérite d’être pris au sérieux. Certes, tous ceux qui se sont abstenus ne sont pas indépendantistes, mais cette mouvance gagne du terrain d’année en année.
La politique retrouvera toute sa place en Kabylie le jour où ce pays retrouvera sa souveraineté.
Idir Yatafen


