KABYLIE (TAMURT) – La répression contre la communauté chrétienne en Kabylie et la fermeture des églises ne semblent pas avoir dissuadé les citoyens de se convertir au christianisme. Au contraire, selon diverses sources, le nombre de personnes qui se convertissent à cette religion ne cesse d’augmenter.
« Nous nous organisons comme nous le pouvons. Au fil du temps, nous nous sommes adaptés à cette situation de répression. Nous évitons les grands rassemblements, mais nous pratiquons notre religion en famille et dans la discrétion. Notre principal souci est le nombre impressionnant de nouveaux convertis. Nous n’avons pas de statistiques précises, mais chaque jour, aux quatre coins de la Kabylie, nous recevons des centaines de demandes de conversion. Nous avons du mal à les gérer, d’autant plus que nous craignons les infiltrations des services de sécurité », nous déclare un ancien chrétien de la localité d’Iwadhiyen, qui qualifie le nombre de nouveaux convertis de « phénomène ».
« Ce sont des citoyens de toutes les catégories sociales et de tous les âges. Récemment, un homme qui avait pratiqué la religion musulmane pendant plus de cinquante ans, et qui venait tout juste de rentrer de La Mecque, a décidé de se convertir au christianisme. C’est vraiment phénoménal », ajoute notre interlocuteur.
Il affirme également que, dans les villages kabyles, la situation des chrétiens et leurs relations avec les musulmans s’améliorent. « À part les services de sécurité, qui nous harcèlent, et certains milieux islamistes, nous n’avons aucun problème avec les citoyens musulmans. Nous vivons dans la tolérance et la fraternité. Il nous arrive même de célébrer avec les musulmans leurs fêtes religieuses, comme l’Aïd. Notre société est d’essence laïque », assure-t-il.
« Je profite de votre tribune pour lancer un appel aux citoyens qui souhaitent se convertir au christianisme : je leur demande de patienter, car nous avons beaucoup de difficultés à organiser des cérémonies de conversion pour des raisons de sécurité », conclut notre interlocuteur.
Idir Yatafen


