Le printemps berbère n’est célébré qu’en Kabylie

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Marche du 20 avril 2016

KABYLIE (Tamurt) – Bgayet, Tizi Ouzou et la partie kabylophone de Bouira sont les seules régions où le trente-huitième anniversaire est célébré et de manière grandiose, faut-il le souligner. Alors que dans toute la Kabylie, l’anniversaire du printemps berbère bat son plein dans les villes et les villages depuis plusieurs jours, c’est pratiquement un non-événement dans le reste de l’Algérie.

Même quand il arrive qu’une petite activité soit enregistrée dans une région autre que la Kabylie, ce sont les kabyles qui y résident qui en sont les initiateurs. C’est le cas d’ailleurs par exemple dans la ville d’Oran où, certes, le printemps berbère est célébré chaque année. Mais qui est derrière cette commémoration ? Ce sont les dynamiques et dévoués  animateurs de l’association « Numidia » d’Oran du militant de la cause berbère Said Zamouche. Tous les membres de cette association culturelle  sont des kabyles qui résident à Oran pour des raisons professionnelles principalement. Dire que la question berbère concerne donc tous les algériens est une illusion et une contre-vérité entretenues par le pouvoir afin de  maintenir le peuple algérien sous sa dictature et sa férule.

Ce n’est pas seulement cette date historique qui n’a aucun droit de cité en dehors de la Kabylie. Si on analysait, par exemple, le bilan et l’état des lieux de l’enseignement de la langue tamazight dans les écoles publiques depuis son lancement en septembre 1995, on constaterait aisément qu’il n’est effectif et massif qu’à Bgayet, Tizi Ouzou et la partie kabyle de Bouira ainsi que dans quelques écoles des communes kabyles de la wilaya de Boumerdès. Une réalité que le pouvoir algérien ne cesse de cacher car il ne veut concéder aucune concession sur sa politique qui veut montrer qu’en Algérie existerait une cohésion sans faille entre les quatre coins du pays. Or, rien n’est plus faux. Tout le monde se souvient qu’au lendemain des élections législatives avortées de décembre 1991, le parti intégriste le Front islamique du Salut-dissous avait remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale partout en Algérie sauf en Kabylie où c’était le Front des Forces socialistes qui avait fait un raz-de-marée.

Continuer de mentir, de manière officielle, sur des réalités que l’histoire ne manquera pas de graver pour la postérité est une erreur que le pouvoir algérien ne cesse de commettre et de recommencer.

Tahar Khellaf