La commune de Boudjima rend hommage à Saïd Babouche

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HOMMAGE (Tamurt) – Cette manifestation commémorative organisée par l’APC a été traduite par l’inauguration de la stèle érigée à la mémoire du martyr et un couscous offert au déjeuner à titre de l’Ouadha (offrande). Le coup d’envoi de la mémorable manifestation à laquelle ont pris part plusieurs centaines de personnes des deux sexes et de tous les âges a été donné au niveau du cimetière des Martyrs sis au chef-lieu de commune. Après la levée des couleurs nationales accompagnée d’une minute de silence à la mémoire des martyrs, une gerbe de fleurs a été déposé, au pied du pylône indiquant le martyrologe, par le premier magistrat de commune, M. Smaïl Boukherroub, et Abderrahmane Babouche.

Après cette cérémonie, la foule qui s’agrandissait à fur et à mesure que le temps passait prit la direction du village de Tarihant, sis à 07 km à l’ouest du chef-lieu de commune de Boudjima et connu pour son héroïsme durant la guerre de libération nationale. Une fois arrivée à destination, la gigantesque foule se dirigea sous les incessants youyous des femmes vers le cimetière où le monument aux morts fut érigé en son promontoire. Là encore, la cérémonie fut traduite par la levée des couleurs accompagnée d’une observation d’une minute de silence à la mémoire de celles et ceux qui sont mort pour une Algérie libre et le dépôt d’une gerbe de fleurs au pied de la colonne servant de martyrologe.

A Tarihant aussi le dépôt de gerbe de fleurs a été effectué par le président d’APC avec l’aide de Lounès Fahem qui n’est autre que le fils du célèbre martyr de la région connu sous le pseudonyme de Moh l’Indochine. Son nom patronymique est Mohamed Fahem. C’est parce qu’il avait fait la guerre du Vietnam où il avait brillé, selon des témoignages, par de grands faits d’armes.

Après cette cérémonie, la grande foule se dispersa à travers le grand cimetière pour que chacun, en fonction de sa connaissance et de son lien de parenté, s’incline devant la tombe d’un Chahid. La tombe ou furent enterrés ensemble 05 combattants tombés au champ d’honneur le 8 septembre I957 à Ighil-Ichariouène, lieu distant de I,5 km de Tarihant à la suite d’un terrible accrochage entre une section de l’ALN et une troupe de militaires français fut l’objet d’un grand rassemblement et la lecture d’une fatiha. Le témoin de cet accrochage particulièrement sanglant fut soudain sujet à une aposiopèse. Quelques secondes plus tard, l’homme pleurait à chaudes larmes. Jusqu’à ce jour encore, les vieux et les vielles de Tarihant se font prendre par une grande émotion rien qu’on évoquant ce souvenir.

Pendant que les échanges de tirs, parfois suivis de corps à corps, se faisaient rageusement, les femmes de Tarihant et des villages environnants comme Iguil-Ichariouène, El-Madhène, Agouni-Oufekous, thala-Teghla encourageaient avec leurs youyous stridents les combattants de l’ALN. Au soir, les corps des 05 martyrs furent jetés comme de vulgaires sacs au centre du village par les soldats français. Ce n’est que plus tard, soit au moment où les aiguilles de la montre indiquaient qu’il était temps de revenir au chef-lieu de la commune pour l’inauguration de la stèle à la mémoire du martyr Saïd Babouche que les manifestants ont quitté ces lieux sacrés. Et à l’heure du rendez-vous fixé initialement, voilà que la cérémonie commença. Ce fut un grand moment émotionnel quand le buste en bronze s’offrit dans toute sa splendeur à l’oeil après qu’eut débarrassé du voile doré qui le recouvrait auparavant. Là encore, une minute de silence fut observée et le drapeau national fut hissé. La vie et le combat du martyr furent également portés à la connaissance du public par le biais d’une épitaphe marbrée incrustée dans l’ensemble de la stèle. Avant de reprendre cette épitaphe en addenda, nous jugeons fort utile de porter à la connaissance de nos aimables lecteurs un simple exemple sur le haut degré de participation des habitants du village de Tarihant et ses environs à la guerre sanglante que livra le FLN à la 4ème puissance économique et militaire du monde. Il s’agit des Ihaddadhène et Ath-Omar qui appartiennent à la même Thakharouvt (famille).

Les martyrs des Ihaddadhène : Les frères Arezki et Ramdane, Belkacem (tombé au champ d’honneur à l’âge de I5 ans), Mouhouche, les frères Ali et Saïd, Arezki n’Amar n’Ali, Saïd n’Hand Ousaïd, Ali-Kaci (Novembriste )et Ali Moh Saïd (Novembriste), Mouhand Oumouhand (Novembriste, Arfa (Novembriste), Moh-Saïd n’Amar Mouand n’Had (Novembriste) et ses frères Amar, Mohand-Améziane, Saïd, Ouramdane et Ali.

Moudjahidine et Moudjahidda : Hand Ousaïd (frère de Saïd n’Hand Ousaïd et mort le 30 octobre 2008), Moh-Saïd Kaci (encore vivant et frère de Ali Kaci et cousin germain de Hand-Ousaïd), Moh-Saïd Atsi et Mohand dit Titouh (les deux étaient frères d’Ali-Moh Saïd et le premier mourut en I996 et le second en I993) et Hand n’Amar Bouakli (encore vivant et frère de Belkacem), ( Ouardia Ouchelli et sa sœur Tassadit (encore vivantes et veuves de Hand Ousaïd et Saïd n’Hand Ousaïd), Thamaâlats (décédée en 2009 et veuve de Titouh),Fatima n’Amar Mand n’Hand et veuve d’Ali Moh Saïd (encore vivante), Aldjia n’Amar Mand n’Hand, sœur de Fatima et veuve de Moh-Saïd Atsi), Fadhma Mand n’hand dite Thakidjit (encore vivante et épouse de Moh-Sais Kaci, Kheloudja n’Hand (encore vivante et veuve de Mouhouche), Fadhma Achériou dite Nana Thacharhioute (décédée en 2009 et veuve d’Ali Kaci), Kheloudja n’Amar n’ Ali (décédée en I996) et Yamina Tatalavt (décédée).

Comme nous pouvons le constater, ces deux familles n’ont pas à rougir avec leur martyrologe. Plusieurs familles encore de Tarihant ont embrassé corps et âme le FLN au moment où il était question strictement d’honneur. Certaines fratries n’ont pas vu de survivants. Les décideurs actuels de l’Algérie, peuvent-ils se défendre sur ce point d’honneur ? Rien que de parler de la guerre de libération nationale, leurs visages deviennent livides comme celui d’une dame qui venait d’être surprise en flagrant délit d’adultère par son mari lequel est accompagné par un flic et un gendarme comme témoins à la foi indiscutable.

Addenda : Qui est Saïd Babouche ?

Le martyr de la révolution, Saïd Babouche est né le 09 février I92I au douar Yaskren, commune de Boudjima. En I37, alors âgé de I6 ans, il adhère au Parti du Peuple Algérien (PPA). En I944, il rejoint Les Amis du Manifeste pour la Liberté (AML). Trois ans plus tard, soit en I947, il fait son entrée au Parti du Manifeste pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD). L’année d’après, il intègre l’Organisation Secrète (OS). Après la dissolution de cette fraction armée, il resta cependant au MTLD jusqu’au déclenchement de la révolution armée et, par conséquent, activa sous la bannière du FLN. Par ailleurs, dès I949, il fut nommé chef de zone qui englobait Sidi-Namaâne, R’djaouna, Tizi-Ouzou, Naciria et Issers.

En I95O, il fut envoyé par sa hiérarchie en mission en Belgique pour l’achat et l’acheminement des armes vers l’Algérie. Au début de l’année I954, Saïd Babouche fut nommé chef de la région de Aïn El Hammam, Larbaâ Nath Irathen, et tout le long du territoire reliant celle-ci (LNI) jusqu’à la Soummam. Son nom de guerre était « Si Tahar ». Il était membre du comité des Sept regroupant toutes les régions de la Kabylie. Son domicile de Tizi-Ouzou devint un refuge inconditionnel pour les gars du FLN notamment Krim Belkacem et Ouamrane. Il va sans dire aussi que sa maison servit de cache d’armes qu’il distribua aux Moudjahidine au cours de la nuit du 29 octobre I954.

Dès ce mois de déclenchement de la guerre, Saïd Babouche fit l’objet de recherche par la police coloniale. De ce même mois (Novembre I954) jusqu’au début l’année I955, moment de son arrestation, il était maintenu en qualité de responsable de la région de Aïn El Hammam, Larbaâ Nath Irathen et les Ouacifs. Après son arrestation, Saïd Babouche était soumis à la torture pendant pas moins de I8 jours au campement militaire de Tigzirt, tristement célèbre. L’interrogatoire était féroce car les autorités françaises savaient qu’il connaissaient beaucoup de choses sur le FLN. Vers la fin de I955, alors prisonnier à Barberousse (Alger), il comparut devant le tribunal militaire qui le condamna à mort pour ses activités politiques et militaires. Le 8 avril I957 à 4 heures 40 minutes, le couperet de la guillotine lui trancha le coup dans la sinistre cour de Barberousse. Il fut exécuté avec deux autres militants, en l’occurrence Mansri et Lounis Arezki.

Said Tissegouine

6 Commentaires

  1. Azul
    Tanmirt nwen ay at Boujimaa kunwi id ittmektayen merra widh yefkan tudert nsen akken adh ifak fellagh uzaglu n urumi. Maca ay atmaten: yak zighen kellexen agh tarwa n Bexta, tarwa m ugennur!. Muqlet kan: Di Wehran, macci saddan lhers n lgirra n Urumi armi d 62 i taluft nni n l’O.A.S. (walid Paris match n lawan nni).

    Oran n avait jamais connu la guerre ni couvre feu depuis 1954 à 62. Il faut attendre l’a guerre de l’OAS en 1962, pour voir les Oranais souffrir légèrement quelques mois seulement. Aujourd’hui cette populace assimilée, aliéné s’en prend à nos compatriotes kabylophones en leur interdisant de parler la langue de Jugurta et Massinissa. Mais en faite : qui êtes vous Arabes ou Berbères? Si vous êtes berbères, que vous importe le patois arabe que vous parlez, si vous êtes amazighs ou berbères pourquoi vous en prendre à ceux qui sont vos « frères » de race?. En faite, vous ne savez pas qui vous êtes. C’est évident! Selon l’encyclopédie berbère, les Oranais sont du même gènes que les Berbères de Sousse. Alors, aliénés, prenez conscience.

  2. Azul
    Tanmirt nwen ay at Boujimaa kunwi id ittmektayen merra widh yefkan tudert nsen akken adh ifak fellagh uzaglu n urumi. Maca ay atmaten: yak zighen kellexen agh tarwa n Bexta, tarwa m ugennur!. Muqlet kan: Di Wehran, macci saddan lhers n lgirra n Urumi armi d 62 i taluft nni n l’O.A.S. (walid Paris match n lawan nni).

    Oran n avait jamais connu la guerre ni couvre feu depuis 1954 à 62. Il faut attendre l’a guerre de l’OAS en 1962, pour voir les Oranais souffrir légèrement quelques mois seulement. Aujourd’hui cette populace assimilée, aliéné s’en prend à nos compatriotes kabylophones en leur interdisant de parler la langue de Jugurta et Massinissa. Mais en faite : qui êtes vous Arabes ou Berbères? Si vous êtes berbères, que vous importe le patois arabe que vous parlez, si vous êtes amazighs ou berbères pourquoi vous en prendre à ceux qui sont vos « frères » de race?. En faite, vous ne savez pas qui vous êtes. C’est évident! Selon l’encyclopédie berbère, les Oranais sont du même gènes que les Berbères de Sousse. Alors, aliénés, prenez conscience.

  3. Les gens de cette commune ignorent-ils leur origine à tel point qu’aucun drapeau AMAZIGH ne flotte dans le ciel de cette manifestation !! Pourquoi ce déni de soi ?? Comment remercier des gens qui s’autocensurent ??

  4. Les gens de cette commune ignorent-ils leur origine à tel point qu’aucun drapeau AMAZIGH ne flotte dans le ciel de cette manifestation !! Pourquoi ce déni de soi ?? Comment remercier des gens qui s’autocensurent ??

  5. Tant que le drapeau kabyle et toutes les valeurs civilisationnelles (rationalite, laicite, dignite, travail, universalite, et modernite) qu’il incarne continu a etre ignore par les leadeurs kabyles qui luttent contre le colonialisme franco-maffio-arabo-satanico-islamo-terroriste, point de salut pour le peuple kabyle et les algeriens.

    Vive la kabylie libre et autonome!!!

    Vive le MAK et le GPK!!!!!!

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