Des kabyles innocents condamnés à de lourdes peines : L’arbitraire de la justice algérienne a encore frappé !

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1987
Kamira, Bouazi et Lounès Hamzi
Kamira, Bouazi et Lounès Hamzi

DAR EL BEIDA (TAMURT) – Le verdict dans le procès de Kamira Nait Sid et ses neuf co-accusés est tombé, ce mardi 07 mars, à minuit. L’arbitraire a encore frappé. Des peines allant de 02 ans à la perpétuité ont été injustement prononcées par une justice algérienne aux ordres de la junte militaire contre des militants kabyles innocents, dont le seul tort est d’aimer la Kabylie et de militer pacifiquement pour son émancipation du joug colonial arabo-islamique.

Le tribunal criminel de Dar El Beida, une banlieue algéroise, vient de condamner Kamira Nait Sid, co-présidente du Congrès Mondial Amazigh (CMA) a 02 ans de prison ferme. Elle a été poursuivie avec neuf autres militants politiques kabyles pour des accusations de terrorisme sur la base de l’article 87 bis du code pénal algérien. Concrètement, le régime algérien leur reproche des velléités indépendantistes. Face à la montée en puissance de l’aspiration indépendantiste kabyle, embrassée par une jeunesse kabyle plus que jamais déterminée à s’affranchir du joug colonial algérien, la junte militaire aux abois a promulgué en 2021 une loi scélérate, l’article 87 bis, incriminant l’acte politique. C’était juste après la mobilisation historique lors des marches du 20 avril 2021, ayant drainé des milliers de manifestants aux marches des indépendantistes à Tuvirett, Tizi Wezzu et Vgayet.

En vertu de cette loi controversée et décriée lors de l’examen périodique de l’Algérie au Haut-Commissariat des droits de l’homme en novembre dernier, à Genève, tout kabyle qui revendique, même pacifiquement, le droit à l’autodétermination est considéré comme terroriste. Malgré ses déclarations au juge durant l’audience, affirmant ses divergences radicales d’avec l’actuel président du MAK, Ferhat Mehenni, et son insistance sur le fait qu’il avait quitté ce mouvement politique depuis 2016 quand il a opté pour l’indépendance de la Kabylie, Bouaziz Ait Chebib a été condamné à 06 ans de prison ferme. Le militant Lounes Hamzi a écopé quant à lui de cinq ans de prison ferme. Ayant comparu libre, Malik Ahmed Said a été condamné à 3 ans de prison ferme et 50 000 DA d’amende. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre en pleine audience. Il a été arrêté et incarcéré immédiatement.

Pour leur part, les cadres du MAK en exil, Ferhat Mehenni, Ferhouh Hanafi, Merzoug Abderrahmane et Kadi Slimane ont été condamné à la perpétuité. Le même verdict inique a été prononcé contre Louerguioui Yughurta, décédé en France début décembre 2022. A noter que le militant hirakiste cité dans ce dossier, Ismail Mendas, natif de Boumerdes, a été acquitté. Malgré les plaidoiries remarquables des 12 avocats ayant pris la défense des militants kabyles, la justice algérienne a prononcé des verdicts injustes à l’encontre des accusés, confirmant ainsi la nature politique de ce procès, qui s’est avéré au final et tout simplement un procès contre la Kabylie.

Aksil K.

5 Commentaires

  1.  » Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous  » Montesquieu

     » Le plus grand mal, à part l’injustice, c’est que l’auteur de l’injustice ne paie pas la peine de sa faute  » Platon

  2. Arbitrairement condamnés des innocents avec un mort à perpétuité et une femme à la veille de sa fête internationale relève de la psychiatrie, d’ un acharnement de psychopathes, de sadiques, de pervers, de criminels ….ils sont juste maléfiques.
    Dans cette cavale de fous de l’état colonial, je vous annonce une très bonne nouvelle, les USA classe le MAK de mouvement politique, d’opposition intraitable au régime qui lutte pacifiquement pour les droits de la Kabylie. Bientôt ça sera l’état Algérien qui sera classé terroriste en ayant déjà un pied dedans volontairement avec son alignement avec les Russes et les Iraniens.

  3. Que les avocats mettent à disposition des citoyens les actes desdits procès et les motivations des sentences.

    On attend toujours les jugements des criminels qui firent le charnier de Kabylie en 63 et en 2001, que dire des 1000 milliards $ siphonnés par la caste rien qu’en 20 ans.
    Visiblement les crimes de la horde du régime sont au-dessus de notre petit monde.
    Sauf un régime reconnu par le peuple est aurait la légitimité de juger.

  4. le pouvoir colonial et maffieux fait ce qu’il sait faire le mieux: utiliser tout les moyens possibles pour faire étouffer des revendications, pourtant légitimes, de la kabylie et son peuple…
    une chose est certaine : il finira par frapper le mure vers lequel il fonce à grande vitesse , ce n’est qu’une question de temps…

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