Prison de Koléa : Une avocate dénonce la maltraitance de détenus d’opinion kabyles

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Sofiane Mohdeb
Sofiane Mohdeb

ALGER (TAMURT) – Dans un communiqué qu’elle a publié, ce mardi 31 janvier, l’avocate Alili Yamina, exerçant au barreau de Tizi Wezzu, se dit « affligée » par la maltraitance dont sont victimes plusieurs détenus d’opinion kabyles auxquels elle a rendu visite le même jour, à la prison de Koléa (Tipaza). Elle dénonce des pratiques « de bas étage » émanant de l’administration de cet établissement pénitencier.

C’est un cri de détresse que vient de lancer l’avocate Alili Yamina à sa sortie, hier mardi, de la prison de Koléa, où elle a rendu visite à plusieurs détenus d’opinion et politiques kabyles. Ceux-ci sont victimes d’intimidation et de maltraitance de la part de l’administration pénitentiaire et ses agents. Dans un communiqué qu’elle a publié sur sa page Facebook, Me Alili Yamina s’est dit « affligée et attristée par les témoignages frappants des détenus d’opinion » auxquels elle a rendu visite. « La tristesse et la colère devant une situation de détresse sont visibles sur les visages des détenus. La sonnette d’alarme doit être tirée », a-t-elle affirmé.

Connue pour son engagement en faveur de la défense des détenus d’opinion, Me Alili Yamina dénonce dans son communiqué « les pratiques de bas étages en contradiction flagrante avec les conventions internationales ratifiées par l’Algérie (…) pratiquées à l’intérieur de l’établissement pénitencier (de Koléa) ». Selon les témoignages recueillis par l’avocate auprès des détenus qu’elle a visité, mardi 31 janvier, « leurs affaires sont fouillées de manière barbare » par les agents de la prison de Koléa, avant de les jeter par terre. En outre, ces détenus se sont plaints de la mauvaise nourriture qui leur est servie, ne répondant « à aucune norme de respect à la dignité humaine ».

Par ailleurs, la non programmation des procès de ces détenus d’opinion kabyles rend leur situation à l’intérieure de la prison des plus stressante. L’un de ces détenus, Sofiane Mohdeb, a raconté à l’avocate Alili Yamina que l’administration pénitentiaire lui a intimé l’ordre d’écrire ses lettres adressées à sa famille et à ses amis dans « la langue nationale » au lieu du français qu’il utilisait. Du coup, il a rédigé sa lettre suivante en tamazight, reconnue comme langue nationale dans la constitution algérienne. Mais, et à sa grande surprise, « l’administration de la prison revient vers lui pour l’autoriser d’écrire en français parce que, tenez-vous bien, les agents ne maîtrisent pas tamazight… », a souligné Me Alili Yamina.

En somme, cette avocate, qui tire la sonnette d’alarme, déplore que « la situation des détenus politiques et d’opinion se dégrade de plus en plus » à l’intérieur de la prison de Koléa.

Aksil B.

4 Commentaires

  1. “La torture est l’un des crimes les plus horribles qui puissent être commis contre un être humain. Elle vise à déshumaniser les victimes en perpétrant des actes de cruauté délibérés afin de priver les victimes de leur dignité et de les rendre impuissantes. Elle déchire l‘âme de notre communauté humaine et nous diminue tous quand elle se produit.“ [Rapport sur la torture. Un manuel pour les journalistes qui couvrent les cas de torture].

    Faudrait-il se résigner face à l’impuissance ? Surtout pas car la résignation est la sœur jumelle de la défaite. Chassons le scepticisme! Ouvrons nos bras à l‘espoir et l’inébranlable foi en nous et en la justesse de notre combat, car notre projet de société et notre vision du monde sont meilleurs, que ceux qu‘on cherche à nous imposer.

    Je condamne avec la plus grande véhémence et la plus grande vigueur tous ces actes barbares , ces actes de violence brutale, qui produisent des séquelles, notamment des mutilations physiques et des traumatismes psychologiques. je condamne avec plus grande fermeté le silence de cette presse dite « libre » aux ordres, je condamne son à-plat-ventrisme (heureux les Djaout, Mekbel,… qui n’ont rien vu) ainsi que le silence radio de BerbèreTV, devenue l‘antichambre de l’algérianisme, dans la non-couverture de tout événement en rapport avec le MAK et/ou l’indépendance de la Kabylie. Je déplore ce désert humain quand les mots se meurent.

    Aujourd’hui, j‘aimerais me joindre à l‘ensemble de mes frères militants du MAK, AKAL, URK, CMA, souverainistes et autres militants de cette noble cause, pour leur manifester toute ma solidarité et mon indéfectible soutien.

    Je voudrais rendre hommage à cette Grande Dame qu’est Madame Yamina Alili, qui honore grandement la corporation et à travers elle toutes les avocates et tous les avocats qui se sont constitués en collectif pour faire face au rouleau compresseur et aux broyeurs de l’imposture algérienne, qui se croit tout permis, jusqu’à même l’interdiction de la Ligue pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et autres associations du même type…

  2. Ils sont arriver au stade de la torture il ne reste rien, la seule solution que le regime colonial algérien laisse aux Kabyles est la VIOLENCE !

  3.  » la seule solution que le regime colonial algérien laisse aux Kabyles est la VIOLENCE ». Justement c’est ce que cherche le pouvoir algerien. Faire couler du sang.

  4. Torturer, affamer ce sont des pratiques coloniales, se taire c’est s’incliné à la peur ce qui n’arrête point cette terreur, la seule solution c’est une désobéissance civile de toute la Kabylie relayée à l’internationale par la diaspora Kabyle pour exiger l’indépendance de la Kabylie pour qu’enfin les Kabyles puissent vivre en paix et en liberté.

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