78e anniversaire des massacres du 08 mai 45 à Melbou et Kherrata : Un horrible carnage resté impuni

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8 mai 1945 en Kabylie
8 mai 1945 en Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Il y a 78 ans se déroulaient les massacres de Kherrata et Melbou, en Kabylie, commis par le colonialisme français. Le 08 mai 1945 restera à jamais gravé dans la mémoire collective du peuple kabyle, victime d’une horrible tragédie. L’armée française et des milices européennes se sont livrées à une répression sanglante et aveugle contre des civiles désarmés. En plus des bombardements des villages kabyles depuis des avions, les soldats français ont commis des exécutions sommaires. A Kherrata, des dizaines de kabyles sont jetés vifs dans les profondes gorges de Chaabet Al Akhra.

Le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire des Alliés contre le nazisme et le fascisme, son armée massacrait des citoyens kabyles. La joie de la fin de la deuxième guerre mondiale et la défaite de Hitler a été ternie par des massacres commis contre des populations civile à l’Est de Vgayet, notamment à Kherrata et Melbou. Sorties dans les rues pour manifester leur joie de la victoire sur les nazis à laquelle le peuple kabyle a énormément contribué en rejoignant par milliers les forces des Alliés, ces populations ont malheureusement été réprimées dans le sang. Les mêmes massacres ont été commis à Sétif, où est tombée la première victime, Bouzid Saal, et à Guelma. En Kabylie et en Algérie, les populations pensaient que la France, libérée de l’Allemagne nazie, leur offrirait l’indépendance et la liberté.

Toutefois, la répression était terrible. 10 000 miliaires auxquels se sont joints des milices armées se sont lancés dans des expéditions punitives et des meurtres. Des milliers d’algériens et de kabyles ont été assassinés durant cette répression aveugle et massive, qui a duré plusieurs jours. Des cadavres de victimes ont été jetés dans des puits ou brûlés. C’était l’horreur dans toute sa splendeur. Une chose est sûre : le 8 mai 1945 marque une rupture définitive entre le peuple kabyle et la France coloniale. C’était le premier pas vers l’indépendance de l’Algérie à laquelle les kabyles ont payé un lourd tribut. Le même scénario s’est reproduit ou presque, en 1962. La joie du peuple kabyle fut de courte durée. L’armée des frontières, menée par Boumediene, confisque le pouvoir et se lance dans une répression permanente contre la Kabylie.

L’insurrection de Hocine Aït Ahmed, en 1963, a été réprimée dans le sang. Le combat de la Kabylie se résumait, au début, dans des revendications identitaires, culturelles et linguistiques, notamment avec le printemps kabyle de 1980/81. Toutefois, ces revendications ont évolué suite aux massacres commis par les gendarmes et les policiers de l’Etat algérien en 2001 contre des jeunes kabyles désarmés. Le bilan de ce printemps noir faisait état de 128 morts et de milliers de blessés, dont certains handicapés à vie. Ces massacres sont restés impunis. Mais, une chose est certaine : cette tragédie signe une rupture irrémédiable entre la Kabylie et l’Algérie.

Aksil K.

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