Assassinat de Tahar Djaout: la signature des services secrets algériens

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1964
Tahar Djaout avec Mouloud Mammeri
Tahar Djaout avec Mouloud Mammeri

KABYLIE (TAMURT) – 30 ans sont déjà passés depuis l’assassinat du journaliste et écrivain Kabyle, Tahar Djaout. Des hommes armés et entraînés ont tiré 2 balles sur la tête de l’enfant d’Azzefoun, en Kabylie maritime. Aucune enquête n’a été menée, ni par les services de sécurité ni par la justice ni par un parti politique ou autre personne.

Tahar Djaout a été tué et enterré et tout s’arrête là. Mais contre toute attente, le premier juin 1993 la télévision du régime présente un jeune de 28 ans, nommé Belabassi Abdellah comme chauffeur du groupe terroriste qui a commis l’attentat contre Tahar Djaout. Personne ne sait à ce jour qui a mené cette enquête et comment ce chef dit terroriste est amené à la télévision pour annoncer être l’auteur de l’attentat. Il affirme que c’était une Fatwa d’Abdelhak Layada, un ancien tôlier devenu émir terroriste. Il donne même les noms de ses complices ; Boubekeur Chef Laghrab, vendeurs à la sauvette, Brahimi Mouhamed, Ahled Benderka et un certain Abdelkrim Ait-Ouléziane. Et pour ne jamais vérifier si cette histoire est vraie, le terroriste que la télévision des généraux a présenté aux Algériens affirme que tous les noms des terroristes cités ont été tous éliminés dans un accrochage avec des militaires, juste après avoir tué Tahar Djaout et ce chauffeur témoin est le seul survivant. Qui peut croire un mensonge pareil ?

Il s’est avéré que les noms de terroristes présentés par la Sécurité Militaire comme ayant tué Tahar Djaout n’ont jamais existé. Curieusement, les services de sécurité ont annoncé presque le même scénario après l’assassinat de Matoub Lounès, en juin 1998. « Les 10 terroristes qui ont tué Matoub Lounès ont été tous éliminés dans les maquis par les services de sécurité », selon la justice algérienne.

À vrai dire, Tahar Djaout a été liquidé par les services secrets algériens au même titre que son ami Mouloud Mammeri, 6 ans auparavant. Les mêmes services ont tué aussi Matoub Lounès en 1998. Les terroristes islamistes n’étaient qu’une branche dirigée par la sécurité militaire algérienne.

Idir Yatafen

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