Ex détenu politique Madjid Aggad : « Je ne peux pas être joyeux alors que nos frères sont encore en prison »

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Ex détenus kabyles Madjid Aggad et Sofiane Mohdeb
Ex détenus kabyles Madjid Aggad et Sofiane Mohdeb

TUVIRETT (TAMURT) – Libéré le 22 mai dernier après avoir purgé une peine de 2 ans de prison ferme, le militant kabyle Madjid Aggad affirme que sa joie ne sera complète qu’à la libération de tous ses frères détenus d’opinion, qui croupissent encore dans les geôles algériennes. « Nous n’oublierons aucun d’eux », a-t-il assuré.

Depuis sa libération, Madjid Aggad ne cesse de recevoir la visite d’ex détenus d’opinion kabyles ou des militants qui partagent ses convictions politiques pour s’enquérir de sa situation. Dernièrement, c’est un groupe de militants de Bouzeguène qui s’est déplacé à Saharidj, dans le département de Tuvirett, pour rendre visite à Madjid. Parmi eux se trouve Sofiane Mohdeb, dit l’Authentique, avec lequel il a partagé la cellule. « Nous étions ensemble à la prison de Koléa. Même si les conditions de détention étaient difficiles, il y avait de la solidarité et de la fraternité entre les détenus kabyles. L’épreuve était difficile, mais nous l’avons supporté, car nous croyons dans nos idées et notre combat », a déclaré Sofiane M. Celui-ci a rendu un témoignage puissant sur son compagnon de détention. « Un jour, lorsque nous étions dans la même cellule, il (Madjid Aggad) m’a tristement dit qu’il ne craint rien, ni l’injustice subie ni la peine qu’on lui infligera mais le seul souci qui le consumait était la peur de ne plus revoir sa mère très âgée, vivante. Aujourd’hui qu’il est libre, il pourra enfin prendre soin de sa chère maman, atteinte de plusieurs maladies, ainsi que reprendre sa vie de famille en toute quiétude, à condition qu’on le laisse tranquille », a-t-il témoigné.

Pour sa part, l’enfant de Saharidj, qui s’est réjoui de la visite de ses camarades de combat, a indiqué que sa joie sera complète lorsque tous des détenus d’opinion seront libérés. « D’une part, je suis content pour ma libération et ma mère a retrouvé la joie. Mais d’autre part, nos frères sont encore en prison. Nous n’oublierons aucun d’eux. Je ne peux pas être joyeux ou avoir la paix, alors que nos frères sont encore en prison. Les conditions de vie y sont très difficiles, avec la mal nutrition et la hogra. Nos frères souffrent. Quand nos frères et les détenus de Larbaa rentrent chez eux, alors la Kabylie se réjouira », a confié Madjid Aggad.

Pour rappel, ce militant a été interpellé en octobre 2021. Le 12 novembre 2023, le tribunal criminel de Dar El Beida (Alger) l’a condamné en première instance à 07 ans de prison ferme. Ses co-accusés Messouaf Youssef et Addar Nabil ont écopé respectivement de 05 ans et 04 ans d’emprisonnement. En plus du chef d’inculpation d’« appartenance au MAK » que la junte militaire a injustement classé depuis le 19 mai 2021 comme « organisation terroriste », ces jeunes kabyles issus de différentes régions de Tuvirett, sont également poursuivis pour « apologie du terrorisme », « publications de nature à nuire à l’intérêt national » et « incitation à attroupement non armée ». La peine de Madjid Aggad a été réduite au terme du procès en appel à 2 ans ferme, alors que Messouaf Youssef et Addar Nabil ont été acquittés. Néanmoins, ils ont passé plusieurs mois en détention.

Lyes B.

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