Allemagne : Le Conseil central des musulmans demande des journées chômées

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ALLEMAGNE (Tamurt) – Sous prétexte de vouloir profiter, eux aussi, de jours fériés empruntés à leur calendrier religieux, les 4 millions de musulmans que compte l’Allemagne, représentés par un Conseil central “Der Zentralrat der Muslime in Deutschland”, réclament des autorités allemandes l’introduction de deux jours féries.

L’adoption de jours fériés islamiques serait «un signal important dans la politique d’intégration et favoriserait la tolérance dans notre société», affirme Aiman Mazyek, président du Conseil central des musulmans. «Il ne s’agirait pas d’imposer ces jours de congés à tous les citoyens, plaide Mazyek, mais d’offrir la possibilité aux musulmans de prendre des jours de repos à l’occasion des fêtes islamiques». «Cela présenterait aussi certains avantages dans le monde du travail», estime-t-il.

Ainsi, des policiers musulmans pourraient remplacer leurs collègues chrétiens, qui souhaitent prendre des congés pendant les fêtes de Pâques.

Pour rappel, l’écrasante majorité des 4 millions de musulmans que compte l’Allemagne sont d’origine turque.

Le bal des négociations à été ouvert en novembre 2012 par les quelques 200 000 musulmans de la ville-Etat de Hambourg. Ils avaient arrachés des autorités de ce Land le droit à l’instruction religieuse à l’école, à trois jours féries qu’ils doivent prendre en journées de vacances, comme c’est le cas déjà pour certaines fêtes chrétiennes et s’engageaient, en contre partie, à favoriser l’égalité hommes-femmes et à respecter les droits fondamentaux du pays d’accueil.

En Allemagne, le recours à l’immigration est l’une des solutions pour remédier au pertinent problème de la dénatalité. La pénurie de main-d’œuvre menace à terme la prospérité de l’industrie allemande.

Le responsable de la politique intérieure au sein de la CDU d’Angela Merkel, le député Wolfgang Bosbach a déclaré qu’il «ne voit aucune nécessité pour des jours fériés musulmans». Il dira aussi que « les fêtes religieuses existantes sont inscrites dans une tradition chrétienne reconnue par la loi fondamentale du pays ».

Pour Guntram Schneider (SPD), ministre des Affaires sociales du très endetté Land de Rhénanie du-Nord-Westphalie «Imposer des jours fériés musulmans n’est tout simplement pas finançable». Une solution, ajoute-t-il, pourrait être de proposer des «jours de congés religieux aux non-chrétiens dans les entreprises disposant de comptes épargne temps».

L’opposition à l’avancée de cette religion, alors que l’Allemagne n’a pas de tradition islamique, est arrivée par les alliés bavarois (CSU) de la chancelière. Les Bavarois, très à cheval sur les valeurs chrétiennes, se sont immédiatement soulevés contre une telle mesure à l’échelle fédérale.

Les Allemands ont toujours à l’esprit les provocations des salafistes, de l’année passée, lorsqu’ils avaient entrepris de distribuer gratuitement 25 millions de traductions allemandes du Coran.

Auparavant, ils avaient appellé les Européens à se convertir à l’islam et au djihad contre les «infidèles». Incitant les musulmans à porter «fièrement» des armes pour défendre leurs convictions. Ils avaient aussi promis de conquérir Rome et de transformer la place Saint-Pierre en «lieu d’exécution pour les sentences d’Allah».

La situation est devenue explosive lorsque le mouvement néo-nazi a lancé un concours de caricatures de Mahomet, appelant à les exposer devant les mosquées du pays pour contrer cette initiative.

Après des mois de provocations, la police allemande avait lancé une vaste opération contre les membres de la mouvance islamiste extrémiste dans sept Länder. Berlin espérait ainsi déjouer la montée en puissance de la mouvance salafiste.

De Berlin.info

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