Répression anti-kabyle : Enième report du procès en appel de Muh-Said Belkacemi (URK) et ses co-accusés

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Muh-Said avec une banderole de Union pour la République Kabyle (URK)
Muh-Said avec une banderole de Union pour la République Kabyle (URK)

COUR D’ALGER (TAMURT) – Programmé pour ce mercredi 12 juillet, le procès en appel du militant Muh-Said Belkacemi, cadre de l’Union pour la République Kabyle (URK) et ex-détenu, a été reporté encore une fois au 25 octobre prochain. Avec cinq autres co-accusés, ils ont été condamnés le 06 juin 2022 à un an et deux ans de prison ferme à cause de leurs convictions politiques.

La cour d’Alger (Ruisseau) a décidé, ce mercredi 12 juillet, de renvoyer le procès en appel des ex-détenus d’opinion kabyles Muh-Said Belkacemi, Ahcene Graichi, Hocine Moula, ainsi que Nadir Moula et Amar Halalou, qui étaient sous contrôle judiciaire, à la prochaine session. Il se tiendra le 25 octobre 2023. Poursuivi également dans le même dossier, Ahcene Cherifi, ancien militant berbériste condamné à perpétuité avec ses amis Masin U Harun et Smail Medjebeur dans l’affaire des ‘’poseurs de bombes’’, est décédé le 15 mai 2022, soit deux mois après sa remise en liberté provisoire. Après plusieurs reports en 2022, ce procès a été programmé successivement pour le 25 janvier 2023, ensuite le 01 février, et enfin le 12 juillet. Pour rappel, ces militants kabyles ont été arrêtés en décembre 2021 dans le cadre de la répression sans précédent du régime algérien en Kabylie. Leur interpellation a été précédée parfois par une violente perquisition au domicile familial.

C’est le cas de Muh-Said Belkacemi. En effet, le 9 décembre 2021, la gendarmerie coloniale algérienne avait effectué une violente perquisition au domicile familial, sis à Boghni (Tizi Wezzu), de ce membre de la direction de l’Union pour la République Kabyle (URK), Des dizaines de gendarmes « munis d’armes de guerre, sont arrivés dans une trentaine de voitures de la gendarmerie algérienne et ont encerclé et envahi la maison du responsable de l’URK, qui ne s’y trouvait pas au moment de la perquisition », avait alors dénoncé dans un communiqué Lyazid Abid, porte-parole de ce mouvement indépendantiste kabyle. L’unité centrale de l’ordinateur, des archives privées du printemps noir 2001 et des documents et photos personnels de ce cadre de l’URK ont été saisis par les gendarmes algériens, avait précisé la même source. Au-lendemain de cette perquisition injustifiée, le militant Muh-Said, et n’ayant rien à se reprocher, s’est lui-même présenté à a brigade de gendarmerie et il a été placé en garde à vue.

Le 16 décembre de la même année, ces militants ont été présentés devant le juge instructeur du tribunal Sidi M’hamed (Alger), lequel avait ordonné le placement sous mandat de dépôt de Ahcene Graichi, Muh-Said Belkacemi, Hocine Moula et Ahcène Chérifi. Pour leur part, Nadir Moula et Amar Halalou ont été mis sous contrôle judiciaire. Après presque quatre mois de détention, les quatre détenus kabyles ont été remis en liberté provisoire, le 31 mars 2022, qui a coïncidé avec la visite à Alger du secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken.

Lyes B.

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