Répression anti-kabyle : L’ex détenu d’opinion Djamel Ikni à nouveau devant la justice algérienne

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Djamel Ikni
Djamel Ikni

VGAYET (TAMURT) – Le régime algérien semble avoir adopté la stratégie de l’usure face à la détermination de certains militants politiques kabyles. En multipliant les convocations, les arrestations et les procès, il vise à les démoraliser pour les pousser à la démission. Désormais, ils sont convoqués et poursuivis pour un simple post sur leur page Facebook. C’est le cas de l’ex détenu kabyle Djamel Ikni, interrogé au commissariat central de Vgayet, jeudi dernier, avant de comparaître le même jour devant un juge d’instruction du tribunal de la même ville.

A cause de ses deux dernières publications sur le réseau social Facebook pour exprimer sa solidarité avec la militante Mira Moknache et le détenu Mohamed Tadjadit, Djamel Ikni a été convoqué pour jeudi 15 février par la police d’Aokas. Une fois sur place, il sera arrêté et transféré au commissariat central de Vgayet pour interrogatoire et être entendu sur ses publications. Le même jour, cet ex-détenu d’opinion a été présenté devant le juge d’instruction sous la procédure de comparution immédiate. Il sera finalement relâché. Son procès a été renvoyé au jeudi 22 février. Pour rappel, le 17 décembre dernier, la police coloniale algérienne a procédé à l’arrestation arbitraire du militant kabyle Djamel Ikni, à Aokas, sa ville natale. Il a été placé en garde à vue pendant plusieurs heures au commissariat de la même ville avant d’être relâché. Son téléphone portable lui a été confisqué.

A l’époque, il a publié sur sa page Facebook « Larbaa reste Abane » pour soutenir la grève générale à laquelle a appelé le collectif qui réclame la libération des kabyles innocents condamnés à mort dans l’affaire dite de Larbaa Nath Irathen. Ce natif d’Aokas a lui-même souffert de l’arbitraire. Il a été déjà arrêté le 30 août 2021 et placé en détention préventive après son transfert à Alger. Remis en liberté provisoire en mars 2022, il a été condamné à six mois de prison ferme pour « attroupement non-armé » et « atteinte à l’unité et la sécurité nationales ». Djamel Ikni devait entamer une grève de la faim à partir de jeudi dernier pour dénoncer la répression juridico-policière menée par le régime colonial algérien contre sa personne.

Arezki Massi

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