Tizi Wezzu : Djamel Azaim retrouve enfin sa liberté

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Djamel Azaim
Djamel Azaim

KABYLIE (TAMURT) – Le jeune militant kabyle Djamel Azaim a retrouvé, ce dimanche 12 décembre, sa liberté après avoir purgé une peine de deux ans de prison ferme. Il a été poursuivi pour une accusation fallacieuse portant sur « l’atteinte aux préceptes de l’Islam ».

Le maître Kader Houali a confirmé, ce lundi matin, la nouvelle de la libération du militant kabyle Djamel Azaim, après avoir purgé sa peine. « Après deux ans d’emprisonnement à la maison d’arrêt de Tizi Ouzou, Djamel Azaim a été libéré, hier soir, le 12/12/2021. Il vient de m’appeler au téléphone. Je suis très content pour lui et je suis très fière de l’avoir défendu pendant toute cette période », a annoncé cet avocat exerçant au barreau de Tizi Wezzu, qui revendique au passage la « liberté pour tous les détenus d’opinion ». Agé de 29 ans, Djamel Azaim a été interpellé fin 2019 par la police algérienne, après avoir été refoulé du Maroc à travers les frontières terrestres. Originaire de Boghni, dans le département de Tizi Wezzu, ce jeune kabyle est ensuite poursuivi pour atteinte aux préceptes de l’Islam en application de l’article 144-bis 2 du code pénal algérien. Des publications qu’il aurait partagées sur les réseaux sociaux ont été jugées blasphématoires par la justice algérienne. Lors de son procès en première instance, Djamel Azaim a été condamné par contumace à 3 ans de prison ferme et 50 000 Da d’amende par le tribunal de Draâ El Mizan (Tizi Wezzu).

Sa peine a été réduite d’un an à l’issue de son procès en appel qui a eu lieu le 19 février 2020 à la Cour de Tizi Wezzu. Pour rappel, ses avocats, Kader Houali et Soufiane Dekkal, avaient dénoncé les mauvais traitements qui lui ont été infligés dans un commissariat de la wilaya d’Oran (l’Ouest algérien). « Arrivé au commissariat d’Oran, il a été tabassé par les flics. Les traces des violences sont toujours visibles sur son corps lors de notre visite à la maison d’arrêt de Draa El Mizan. Des hématomes sur sa jambe suite aux coups violents qu’il avait reçus de la part d’une dizaine de policiers. Il ne pouvait pas se tenir debout. La violence policière récurrente a atteint des proportions alarmantes, pourtant les lois sont claires quant aux traitements des prévenus à l’intérieur des commissariats. L’intégrité physique et morale des prévenus doit être respectée conformément à la déclaration universelle des droits de l’Homme et autres pactes signés et ratifiés par l’État algérien.

Seul le juge pourrait statuer sur la culpabilité d’un prévenu. La police ne doit en aucun cas se substituer à la justice», avaient déclaré ces deux avocats dans un communiqué publié en 2020. Toutes les demandes d’expertises médicales introduites par les avocats de Djamel Azaim avaient été rejetées par la justice algérienne.

Arezki Massi

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