Des prénoms amazighs pas assez "marocains" ?

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Prénoms Amazigh
Prénoms Amazigh

REVUE DE PRESSE (Tamurt) – Anvers, le 24 septembre. Le consulat du Maroc refuse d’enregistrer le petit « Mazilia » sur les registres de l’État civil. Motif invoqué : le prénom de l’enfant ne serait pas « marocain ». Alors que la Constitution de juillet 2011 érige l’amazigh au rang de langue officielle au côté de l’arabe, l’affaire est loin d’être isolée.

Depuis 2011, l’Observatoire amazigh des droits et libertés (OADL) a répertorié une vingtaine de cas du même genre où il a dû intervenir. Un chiffre qui ne reflète sans doute pas l’ampleur réelle du phénomène. « Les victimes ne connaissent pas forcément leurs droits, ce qui constitue une première barrière », explique Meryam Demnati, secrétaire générale de l’OADL. Depuis 2010, la Circulaire D-3220 du ministère de l’Intérieur autorise en effet tout prénom à « caractère marocain » – y compris les amazighs.

En plus, en cas de refus abusif de l’administration, un véritable parcours du combattant juridico-administratif attend les familles plaignantes, ce qui décourage la plupart d’entre elles. En définitive, seule une minorité de parents concernés – les plus déterminés -, mènent leur combat jusqu’au bout, souvent avec succès. Mais les associations de défense de l’amazigh, langue parlée par au moins un quart de la population, regrettent d’être condamnées à faire preuve d’un activisme permanent pour trouver une oreille attentive sur leur dossier.

« Comportements racistes »

Pour Meryam Demnati, les refus administratifs découlent de « comportements racistes » venant de fonctionnaires trop zélés, mais aussi d’un manque de volonté politique. « Les gens doivent comprendre que le temps de la discrimination est révolu », explique la militante, qui plaide pour une campagne de sensibilisation étendue à l’ensemble de la société. Et une accélération travail législatif : « les lois organiques relatives à la langue et culture berbère, prévues par la nouvelle Constitution, commencent tout juste à être examinées par le Parlement », souligne-t-elle.

Parmi la vingtaine d’affaires recensées par l’OADL, cinq concernent aussi les Marocains résidents à l’étranger (MRE). Interrogé par Jeune Afrique, un proche collaborateur du ministre des Affaires étrangères dément tout phénomène de discrimination à l’égard des prénoms amazighs. « Ces refus sont des exceptions. S’il s’avère qu’il y a des abus, des sanctions seront prises envers les fonctionnaires responsables, en conformité avec une circulaire du ministère de l’Intérieur à ce sujet, explique-t-il. Il reste des choses à améliorer, mais les procédures sont tout de même bien plus fluides qu’avant ».

Les choses bougent

Petit à petit, les choses semblent bouger. Interpellé à deux reprises par l’OADL, le ministre de l’Intérieur, Mohand Laenser (du Mouvement populaire, un parti de base électoral amazigh), a pressé ses services de rédiger une nouvelle circulaire, rapporte le site d’information Bladi.net. Cette piqûre de rappel devrait prier les agents de l’État civil de ne pas opposer de refus à l’enregistrement d’un prénom berbère, sous réserve toutefois que ce dernier soit « compréhensible ». Mais c’est là qu’une nouvelle difficulté pourrait surgir.

« Qu’on arrête de nous embêter pour savoir quel est le sens des prénoms amazighs, on ne cherche pas à savoir quelle est la signification de Khadija ou Soukaïna », s’indigne Meryam Demnati. D’autant que le choix d’un prénom – sous réserve qu’il ne nuise pas à l’intérêt de l’enfant – fait partie des droits fondamentaux reconnus par le comité pour les droits de l’homme des Nations unies… depuis 1994.

Vers une reconnaissance progressive des prénoms amazighs

À partir de 1956 : les politiques d’arabisation successives entamées à l’indépendance conduisent à la raréfaction des prénoms amazighs au Maroc : les Izza, Tafoukt, Massine, Ider, Itto, Tilila, Tiziri, Gaïa, Izza, etc… sont en voie de disparition.

1996 : Le ton se durcit encore. Une circulaire du ministère de l’Intérieur, valable jusqu’en 2002, dresse une liste de prénoms autorisés, qui en intègre seulement quelques uns d’origine amazighe, triés sur le volet. Tous les autres sont systématiquement interdits.

17 octobre 2001 : le roi Mohammed VI, au pouvoir depuis 1999, créé l’Institut royal de la culture amazighe (Ircam). L’heure de la détente a sonné.

5 février 2009 : le tribunal administratif de Meknès donne gain de cause à une famille qui s’était vu refuser le droit de prénommer son fils Sifaw et avait intenté un procès contre l’État.

9 avril 2010 : la Circulaire D-3220 du ministère de l’Intérieur autorise tout prénom à « caractère marocain », c’est-à-dire couramment usité dans le royaume. Les prénoms amazighs sont reconnus, même si leur « signification peut varier d’une région à l’autre ». La circulaire intime aussi aux agents de l’État civil de « faire preuve de souplesse » et de privilégier la conciliation en cas de divergence.

1er juillet 2011 : La nouvelle Constitution reconnaît l’amazigh comme langue officielle du royaume, au même titre que l’arabe. Le texte prévoit également la mise en place d’un Conseil national des langues et de la culture marocaine, qui veille notamment à protéger et développer l’amazigh.

5 COMMENTS

  1. Azul akk imazighen !
    Nous disons aux Amazighs marocains : il y a pas d autres solution que la luttre de vos droits a l’éxistance chez vous sur vos terres au même titre que vos compatriotes arabisés ou assimilés aux peuples du moyen orient. Eux, ils ont fait le choix volontaire ou pas, mais vous les amazighophones. Nous Amazighs algeriens et d ailleurs nous sommes à vos côtés.
    Sachez une chose: En Afrique du Nord et partout nous vivons la même colonisation, pas économique, mais et bien une politique d erradication des amazighs si nous ne nous mobilisons pas.

  2. Azul akken tellam !

    Les prénoms berberes ant’erieur à l’islam sont considéres pour le régime marocain ou algerien comme faisant partie de « la jahilia « . Les pays sous occupation islamique ou arabo-islamique ne veut pas disputer la moindre parcelle d espace même avec les autochtones; car cette domination a peur de perdre du terrain puisque celle-ci est basée sur l’oprression et la domination orientale arabe. Donnez un prénom berbere à son enfant est un début de liberation de soit face à la domination étrangere. Il faut des prenom et des noms qui correspondent a votre identité pour etre visible et vivre son identité en harmonie. C’est çà que le Makhzen ne veut pas d autant plus que les berberes au Maroc sont majoritaires mais minorisés pour leur nuire

  3. Suite sur les prénoms antérieur à l’islam:

    J’e lis un livre de Jean Duvigneau qui a fait une etude sociologique sur une localité en Tunisie nommée Chebika. Il écrit :  » Naoua se sert de cette meule de préférence à la « roulante », la guersaba qui est une petite pierre ronde qu’on anime d’un mouvement de va et vient. Elle sait que cette pierre est ancienne, d’une ancienneté dont elle ne sait rien et qui appartient à la {{jahilia}}, cette « ére de l’ignorance » où vivaient des êtres inquiétants, pas tout à fait humain ». (page 33). Voila l’image mental des arabophones d Afrique du Nord qui pensent serieusement avant la religion izlamique, tout etait sauvagerie et animalité.

  4. Ces régimes du Maroc et d’Algérie qui sont des soi-disant arabo-islamistes sont en réalité des vassaux inféodés aux vrais arabes Wahabbites d’Arabie Saoudite .

    Par la faute du pouvoir raciste de Bouteflika ,en Algérie y a plus de 300 bébés fantômes car ils n’ont pas d’éxistence légales puisque les mairies refusent de les transcrire avec leurs prénoms amazighs que leurs parents avaient décidé de leur donner .
    Les Kabyles doivent savoir que le maire de Tizi ouzou est lui même d’origine Marocaine ,comme son prénom d’ailleurs Naguib est arabo-Egyptien ,comme c’est aussi le cas de la majorité des troupes des ministres Algériens que l’on appellesous sous le vocable de GROUPE DE OUJDA.

  5. ce qui est grave c’est que les nouvelles générations de kabyles sont complètement ara-baisés,cora-niqués et salafisés (ça voudrait dire toutes l’afrique du nord est complètement ara-baisée et 100% islamo-intégriste, donc plus de revendication identitaire, plus de contestaion du pouvoir marocano/tlemcenien en algerie devenue protectorat qatar/égypte).
    quand on se sent vraiment kabyle, un prénom ne change rien. mais pire encore les kabyle cèdent à la pression hilalo-intégriste ou arabo-islamiste.
    l’islam est une religion inventée par femme juive khadija sur mesure pour les arabes et leur prophète. Mais en aucun cas une religion pour kabyles ou autre non arabes.
    Ce qui est choquant et paradoxal, c’est que les chleuhs, les m’zabs, les touaregs, les rifains, les chaouias, …. et tous les autres berbères non arabes, sont plus musulmans que les arabes fourbes et voleurs.
    POUR ECHAPPER AU COLONIALISME ARABO-KHOROTO, les amazighs doivent renoncer à l’islam, au salafisme, au terrorisme et tout ce qui est arabe.
    l’islam, même à faible dose c’est dangereux pour la santé.

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