Sit-in des militants à Tizi-Wezzu« Tamazight n’est pas une constante dans la constitution »

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Tamazight

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Une action de rue a été observée dimanche dernier à Tizi-Wezzu au niveau de la Place dite de l’ancienne mairie (actuel Musée de la ville). L’action en question a rassemblé un certain nombre de militants de la langue amazighe, plus particulièrement les enseignants de tamazight.

Ces derniers ont répondu à l’appel lancé la semaine passée par la Coordination indépendante pour la promotion de la langue amazighe que préside l’enseignant de tamazight Hamid Derradj, qui exerce dans la région de Drâa El Mizan. Ce dernier, lors de son intervention devant les citoyens, ayant répondu présent à l’appel en question, a dénoncé la manière avec laquelle a été officialisée dernièrement la langue amazighe dans la constitution algérienne.

Une officialisation qui s’apparente à tout point  de vue à une véritable tromperie du genre dont excelle le pouvoir algérien. Selon les protestataires ayant pris part au rassemblement de Tizi-Wezzu , ce qui constitue une escroquerie dans la décision d’officialiser tamazight est pourtant claire : le fait que tamazight ne soit pas considérée comme une constante nationale dans la même constitution. Elle est entièrement évacuée de l’article 178 de la constitution en question qui stipule que seules la langue arabe et la religion musulmane sont des constantes de l’État algérien et ne peuvent de ce fait faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

Quant à la langue amazighe, elle est considérée comme une dimension identitaire mineure que le pouvoir algérien a fait mine d’officialiser juste pour absorber l’élan dont jouit le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) ces dernières années dans les quatre coins de la Kabylie. Par ailleurs, le fait que tamazight soit inscrite dans un article bis (article 3, bis) et non pas sur un pied d’égalité avec l’arabe, constitue également une autre anomalie sans oublier la mention « langue d’État » dont jouit l’arabe dans la même constitution contrairement à tamazight.

Tous les indices montrent si besoin est que la pseudo-officialisation de tamazight est de la poudre aux yeux. La preuve, depuis que tamazight est « officielle », rien n’a changé concrètement sur le terrain en Algérie.

Lyès Medrati pour Tamurt

3 COMMENTS

  1. Le pouvoir algérien lèche les bottes aux pays du golf en contrepartie il a été remercié par l’arabie saoudite en se rengeant du coté du maroc pour la question du sahara occidental.

  2. il ya un groupe de fervents algerianistes qui ont accouché d une pétition sur tamazight , l unité nationale . les dangers qui guettent l Algérie . …….. en résumé le m. a.k

  3. L’article 178 protège tout sauf Tamazight, la laïcité et le fédéralisme
    L’article 178 stipule que « Toute révision constitutionnelle ne peut porter atteinte »:
    (1) au caractère républicain de l’Etat;
    (2) à l’ordre démocratique, basé sur le multipartisme;
    (3) à l’Islam, en tant que religion de l’Etat;……………… (PAS DE LAICITE)
    (4) à l’Arabe, comme langue nationale et officielle; (TAQVAYLIT SERA PROTEGEE PAR SON FUTUR ETAT A ELLE)
    (5) aux libertés fondamentales, aux droits de l’homme et du citoyen;
    (6) à l’intégrité et à l’unité du territoire national…………. (PAS DE FEDERALISME)
    (7) à l’emblème national et à l’hymne national en tant que symboles de la Révolution et de la République (PAS D’EMBLEME AMAZIGH).

    Le principe posé par l’article 3 « l’Arabe demeure la langue officielle de l’État » veut dire qu’une langue n’est pas officielle si elle n’est pas la langue utilisée par les institutions de l’État, en particulier dans un pays où tout le pouvoir est très centralisé et que les institutions locales sont quasiment des coquilles vides. Si l’Arabe demeure la langue officielle de l’État, Tamazight est langue officielle de qui ?

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