Chasse aux galas en Algérie, retour aux années-FIS ?

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Gala
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ALGÉRIE (Tamurt) – Ces dernières semaines, c’est le branle-bas de combat dans plusieurs wilayas algériennes. Des intégristes sont en train de monter au créneau et réussissent même à faire pression pour l’annulation de spectacles de chants et autres festival artistiques dont celui du rai de Sidi Bel Abbès. Devant cette fièvre intégriste qui rappelle tristement celle du début des années quatre-vingt-dix, avec l’explosion du FIS (Front Islamique du Salut) de Abassi Madani et Ali Belhadj, l’Etat algérien semble presque impuissant.

En effet, au lieu d’appliquer la loi dans toute sa rigueur en  arrêtant toute personne portant atteinte à l’ordre public, en s’opposant à la tenue d’activités culturelles somme toute normales, l’Etat se complaît à suivre de loin les événements et à réagir au cas par cas. Ainsi, la dernière solution que viennent de trouver les dirigeants du pays face à cette nouvelle montée intégriste-islamiste, c’est rien moins que d’ordonner aux autorités locales (les walis et les directeurs de la culture entre autres) de procéder tout simplement à l’annulation de tous les spectacles de chants programmés auparavant.

C’est le cas notamment du directeur de la Culture de la wilaya d’El Oued, dans le sud algérien, qui vient de déclarer officiellement qu’une instruction d’en haut vient de lui être adressée pour annuler deux galas officiellement programmés au niveau du chef-lieu de wilaya. Alors que le festival du rai de la ville de Sidi Bel Abbès n’a pu démarrer que difficilement.

En effet, la cérémonie d’ouverture a été émaillée par des perturbations, des bousculades et même des interpellations. Ce retour en arrière de 25 ans est, entre autres, l’une des conséquences du choix du pouvoir algérien de maintenir l’idéologie arabo-islamique. Ce régime a combattu les terroristes islamistes militairement mais il a continué à en produire une infinités de mutants dans ses écoles et ses médias basés essentiellement sur l’endoctrinement intégriste et religieux.

Tarik Haddouche