Le vent de révolte contre les dictatures arabes continue : Des printemps peuvent en cacher d’autres

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le vent de révolte qui secoue les dictatures arabo-musulmanes ne risque pas de s’estomper de si tôt, l’effet domino qui a commencé en Tunisie est en train de s’enclencher en Égypte et se dirige vers le Yémen.

Les trois quarts des populations de ces pays sont composées de jeunes de moins de trente ans et n’ont connu comme président que celui qu’elles souhaitent déloger du pouvoir par la seule force de protestation.

Ces dictateurs ont utilisé des méthodes et des moyens abjectes opposés aux droits de l’homme pour maintenir leurs sujets sous une oppression constante sans se rendre compte de l’ouverture de leur jeunesse à la réalité du monde par les nouvelles technologies de l’information et que leur parfaite maitrise de celles-ci s’avère être une arme redoutable contre eux.

Les évènements survenus en Tunisie démontrent que les États Unis s’intéressent de plus prés à ce qui se passe en Afrique du nord. Ils ne laissent plus le monopole d’ingérence à la France sur ses anciennes colonies d’Afrique du Nord. Ils ont décidé d’agir eux même en faveur du changement.

La violence qui s’est emparée des Égyptiens opposés entre pro et anti Moubarak se traduit comme l’explosion d’une charge emmagasinée depuis des années sous forme d’exclusion, de mépris, et de brutalité que ce peuple avait subit de la part de ses dirigeants.

Ces soulèvements qu’on a tendance à qualifier de printemps arabes, ont été précédés déjà par les printemps Kabyles, sanglants de 1963, 1980, 2001, qui se sont produits dans un silence et une indifférence planétaire, et n’ont jamais eu la couverture médiatique d’aujourd’hui.

Celui de 2001 avec ses 128 jeunes assassinés, appelé aussi printemps noir a été à l’origine de la prise de conscience du peuple Kabyle sur la nécessité impérieuse d’avoir son autonomie qui est le seul et unique moyen d’éviter sa disparition programmée par le pouvoir Arabo‑islamiste d’Alger.

Par cette lutte pour la démocratie qui remonte à 1963, le peuple Kabyle qui a résisté seul contre la destruction de ses valeurs laïques ancestrales, contre sa dépersonnalisation, contre des expéditions punitives menées par les ennemis de la démocratie, s’est solidarisé autour de son mouvement pour l’autonomie de la Kabylie et de son gouvernement provisoire pour prendre son destin en main.

Avec ce vent de révolte, nous constatons que des organisations regroupées en collectif pour le changement auxquelles se sont joints des paris politiques « démocrates » veulent utiliser le peuple Kabyle contre le pouvoir sans prendre en compte un minimum de ses revendications bafouées depuis 1962.

Après tant d’années de lutte, le peuple kabyle qui est arrivé à maturité, fort de son expérience, doit savoir tirer profit de ce contexte international favorable, pour réaliser son projet d’autonomie et prendre son destin en main.

Désormais, le peuple Kabyle refuse de servir les causes qui ignorent son droit à une existence officielle et ses aspirations à son autonomie ou d’être considéré comme objet de négociation à des intérêts étroits ou personnels, ou encore moins à servir de chair à canon dans les règlements de comptes entre les différents clans mafieux, où les gagnants sont connus d’avance.