L’entreprise emploie plus de 2000 travailleurs – L’ENIEM paralysée par une grève illimitée

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La plus importante entreprise publique en Kabylie, l’Entreprise Nationale des Industries de l’électroménager (ENIEM), sise à la zone industrielle Aissat Idir, dans localité de Tizi Rached, à l’est de Tizi-Ouzou, est paralysée depuis mercredi dernier. Les 2000 employées et travailleurs de cette usine sont en grève illimitée. Ils réclament, et dans l’immédiat, l’augmentation des salaires de l’ensemble de personnel ainsi que la révision de différentes primes.Une revendication sur la quelle les grévistes ne veulent pas reculer. D’ailleurs ils ont annoncé que la grève est illimitée et leur mouvement de protestation est inscrit dans la durée.
Les syndicalistes de l’ENIEM affiliés à l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA), ont tenté dès les premiers jours de convaincre les grévistes à revenir sur leur décision. Les initiateurs ont essuyé un net refus des travailleurs grévistes. Cette attitude démontre que toutes les sections de l’UGTA ne jouissent de la crédibilité dont elles s’affublent. L’UGTA, syndicat de l’Etat algérien, est une machine à la solde du pouvoir et de son administration. Les travailleurs crient à qui veut les entendre qu’ils ne reprendront pas le chemin des ateliers tant que leurs revendications ne sont pas satisfaites entièrement.
De leur côté, et selon une source proche de cette entreprise, les responsables de l’ENIEM ne sont pas prêts de satisfaire les deux revendications des travailleurs. Le bras de fer est ainsi engagé entre travailleurs et administration. Certains parmi les grévistes et initiateurs de ce mouvement de protestation subissent même de fortes pressions de la part de l’administration.
Selon l’un des grévistes, l’administration leur a signifié qu’il ne pourra pas y avoir de révision des salaires des travailleurs ni révision de leurs primes tant que le bilan de l’exercice 2012 n’est pas établi. « Si nous avons déclenché cette grève et exprimé ces revendications, c’est qu’on sait pertinemment que notre entreprise a réalisé d’énormes bénéfices », nous dira un gréviste. L’autre argument avancé par les protestataires pour justifier leur grève, est la hausse des prix de transports et de produits alimentaires.
Notons que le SMIG en Algérie est limité à 18 000 dinars par mois, soit l’équivalent de 140 euros mensuellement. Il fait partie des SMIG les plus bas au monde alors que l’Algérie est parmi les 10 premiers pays qui recèle les plus importantes de quantités de richesses naturelles.
Izem Irath