Un grand hommage lui sera rendu vendredi : Lounès Kheloui sera ressuscité à Tizi Ouzou

0
Lounès Kheloui
Lounès Kheloui

CULTURE (Tamurt) – C’est une excellente initiative qui vient d’être prise à Tizi Ouzou. En effet, un  hommage grandiose sera rendu à l’un des plus grands chanteurs kabyles nous ayant quitté brutalement, récemment. Il s’agit du maitre du chaâbi kabyle Lounès Kheloui. L’hommage aura lieu vendredi prochain au village natal de l’artiste et dans la ville de Tizi Ouzou. L’hommage à Lounès Kheloui comprend un recueillement et un dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe de l’artiste au village Taddart Tamokrane, près d’Ihesnawen, à partir de 9 heures. Le même village abritera une exposition de photographies, de discographies et d’articles de presse. A 14 heures un spectacle artistique et des témoganges sur Lounès Kheloui auront égalemet lieu. Pour rappel Lounès Kheloui est né le 14 mai 1950 au village Taddart Thamokrant « Ihesnawen », commune de Tizi Ouzou.

Il s’intéresse très jeune à la chanson. Il fait ses premiers pas dans la musique à l’aide d’une guitare qu’il a fabriquée lui-même. A l’âge de 10 ans son père, émigré en France, le gratifie de sa première guitare. En 1966, Lounès Kheloui compose sa première chanson « a saâdiw aw ik yesnen ». Après quoi, plusieurs autres titres seront composés par Lounès Kheloui à l’instar de « zewdjen », « sligh », « ur d yusi », … etc. À la fin des années soixante, il anime des fêtes au village natal. Vers 1970, il passe avec succès  à l’émission « ighenayen uzeka » animée par Cherif Kheddam.  En 1972, Lounès Kheloui  enregistre enfin son premier 45 tours comprenant les chansons  « zewdjen-awk meden henan » et  « sligh ad tedoudh tislith ». En  1973, il édite son deuxième produit comprenant sa chanson à succès « efkiyi ad swegh ». En 1978, il entreprend une tournée nationale en compagnie de son ami Matoub Lounes.

C’est à cette époque que Matoub le nomme « mon maître » ou « chikh-iw ». En 1979, Lounès  Kheloui part en France, plus précisément à Nice, pour rencontrer son idole, Cheikh El Hasnaoui et compose la chanson « adh ruhagh », en s’adressant directement au maître. Après cette visite, il entretient une correspondance soutenue avec Cheikh El Hasnaoui. A la veille du printemps berbère, Lounès Kheloui a été le premier chanteur à se produire dans la cité universitaire de Oued-Aissi.  En 1980, Kheloui se rend en France et enregistre son premier album chez l’édition Azwaw. En 1999, il se rend en France pour un hommage à Matoub Lounes. En 2001, il participe à plusieurs tournées en France et produit plusieurs albums (2003, 2006, 2008).

En 2009, on découvre sa maladie « fibrose des poumons » qui l’oblige à rentrer définitivement au pays pour se reposer auprès de sa famille. En avril 2016, malgré son état de santé fragile, il entreprend une tournée aux USA et au Canada. Il se produit à Washington, à New York, à Philadelphie, en Californie et à Montréal. Devant le succès rencontré, une autre représentation a été programmée pour le mois de novembre 2016. En juillet de la même année, Lounès Kheloui fut hospitalisé à plusieurs reprises à l’hôpital de Tizi Ouzou en raison de la même maladie. Le 25 octobre 2016, il fut hospitalisé pour la dernière fois. Il décède le 03 novembre 2016, à l’âge de 66 ans, à L’hôpital « Nedir Mohamed » de Tizi Ouzou.

Tahar Khellaf