28 avril 2001 : Nadia Ait Ouslimane, une martyre du printemps noir lâchement assassinée par des gendarmes algériens

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Nadia Ait Ouslimane
Nadia Ait Ouslimane

EVOCATION (TAMURT) – Cela fait 22 ans que Nadia Aït Ouslimane, une jeune femme kabyle, fut lâchement assassinée le 28 avril 2001, à Aseqqif n Ṭṭmana (Aïn El Hammam), par la gendarmerie algérienne lors des évènements du Printemps noir. Enseignante à l’école primaire, elle n’avait que 35 ans. Elle a été tuée par les balles assassines des gendarmes algériens sous les yeux de l’un de ses enfants.

C’est devant les regards de son fils que Nadia Ait Ouslimane fut assassinée par des tirs de gendarmes algériens, mobilisés en avril 2001 par la junte militaire d’Alger pour réprimer dans le sang les manifestations pacifiques du peuple kabyle, qui s’est soulevé à l’époque suite à l’assassinat du jeune Guermah Massinissa par des éléments de la gendarmerie algérienne. Il n’y a pas de mots plus expressifs pour décrire ce drame que le témoignage vivant de son fils, qui avait assisté, impuissant, à l’assassinat de sa maman. Dans un texte émouvant intitulé ‘’Hommage à ma mère assassinée par les gendarmes le 28 avril 2001’’ et qu’il a publié il y a quelques années, Akli a décrit ainsi cette triste journée. « Cruelle et fatidique fut la journée du 28/04/2001. La journée où fut assassinée devant mon regard ébahi ma chère et douce maman Nadia ! Je ne comprends pas pourquoi notre vie si paisible, notre famille unie a basculé en un laps de temps.

Tôt le matin, les rafales pleuvaient de partout comme une pluie torrentielle ! Ma mère terrifiée et affolée me traîna avec elle pour nous réfugier chez notre voisine, et amie. Les balles assassines ont transpercé les persiennes fermées, criblant ma mère de deux balles, l’une dans la poitrine l’autre dans la main. Elle tomba sous mes yeux, gisant dans une énorme mare de sang. Mon Dieu ! Quelle horreur ! Quelle est la main qui a osé ôter la vie à une jeune maman laissant derrière elle des âmes innocentes, l’une âgée à peine de onze ans et l’autre de quatre ans ? Maman, ton image et la scène horrible auxquelles j’ai assisté resteront gravées à jamais dans ma mémoire ! ». C’est ainsi qu’Akli et son frère Amine furent privés de leur maman par les balles assassines des gendarmes algériens.

Le vœu de son fils est que l’école où sa maman avait travaillé porte son nom pour perpétuer son souvenir. « Mon souhait est de voir mon école porter ton nom, car c’est là-bas que ton sang a coulé et c’est là-bas que tu as tant donné. Tes élèves et tes collègues gardent un souvenir impérissable de toi ». Le souhait d’Akli peut être concrétisé dans une Kabylie libre du joug colonial algérien. Des institutions, des rues et des places publiques pourront alors être baptisées au nom des 128 martyrs assassinés par l’Etat algérien aux quatre coins de la Kabylie.

Lyes B.

1 COMMENTAIRE

  1. En attendant, elle est ancrée dans les cœurs des Kabyles pour de bon. La terre douce de mère Kabylie l’accueille tendrement.
    La meilleure façon d’honorer nos morts est bien de veiller sur notre éthique et vision du monde contre les attaques multiformes. Dans le regard, on y lit, outre l’humanité profonde, mais aussi la joie de vivre toute kabyle, ce qui doit animer notre quotidien.

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