Le MAK de nouveau ciblé par la machine de propagande algérienne

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Ferhat Mehenni
Ferhat Mehenni

ALGERIE (TAMURT) – Mis au défi par le président du MAK, Ferhat Mehenni, d’apporter la preuve de ses accusations de terrorisme, le régime algérien a de nouveau actionné sa machine de propagande. En effet, dans un reportage-propagande diffusé, mercredi 13 octobre, et que beaucoup d’internautes avisés ont tourné en dérision, tant le mensonge était flagrant et le scénario tiré par les cheveux, la télévision algérienne a montré quatre kabyles, qu’elle présente comme faisant partie d’une « cellule terroriste », qui préparait des actes criminels depuis 2014 avec l’aide de « la main étrangère ». Le chef du MAK dénonce « un nouvel épisode de balivernes ».

Le succès éclatant de la grande marche de la diaspora kabyle, le 10 octobre dernier, à Paris, en faveur de la Kabylie, a irrité le régime algérien. Celui-ci continue sa campagne de propagande mensongère visant à diaboliser la Kabylie et, particulièrement, les militants indépendantistes kabyles. Mercredi dernier, la télévision publique algérienne a diffusé un reportage portant sur « la mise en échec » d’un prétendu « complot » remontant à 2014 et dont l’objectif est « de porter atteinte à la sûreté du pays et à l’unité nationale ». Selon un communiqué de la DGSN (police algérienne), qui affirme l’arrestation de 17 militants du MAK, ce complot serait fomenté avec l’aide d’Israël et un pays de l’Afrique du Nord (le Maroc, NDLR), avec « la complicité intérieure de militants séparatistes » (MAK).

L’acteur de cette mise en scène est un citoyen de Tigzirt (Tizi Wezzu), un certain Elmam Makhlouf. Menotté, celui-ci a avoué sa détention des munitions et des fusils qu’il utilisait pour la chasse. Ensuite, il a parlé de son appartenance au RCD, où militait autrefois Ferhat Mehenni avant de quitter ce parti depuis 1994. Selon une affiche électorale, ce Elmam Makhlouf figurait dans une liste RND (parti du pouvoir) aux élections municipales de 2012 (APC Tigzirt). Par ailleurs, ce même reportage montre ensuite le militant Kamel Chetti, ancien secrétaire à l’environnement au sein du MAK. Il est incriminé parce que tout simplement il est membre d’un groupe sur le réseau social Facebook, intitulé « Tamazgha-Israël ». Dans une première réaction sur son compte tweeter, le président du MAK a qualifié ce reportage de « nouvel épisode de balivernes ». « La machine à propagande du régime algérien vient de servir aux esprits crédules un nouvel épisode de balivernes. Juste pour accuser sans fondement le MAK de terrorisme », a-t-il tweeté, tout en espérant l’ouverture d’une commission d’enquête internationale. « Vivement une commission d’enquête internationale pour confondre les manipulateurs », a encore écrit Ferhat Mehenni.

Pour sa part, le porte-parole de l’Anavad (gouvernement provisoire kabyle), Aksel Ameziane, a rejeté en bloc les accusations portées par le régime d’Alger à l’encontre du MAK. « Ces 17 personnes n’ont rien à voir avec le MAK. (…)Le régime algérien tente de diaboliser la Kabylie et le MAK afin de tuer toute remise en cause de sa gestion désastreuse avérée sur tous les plans », a-t-il annoncé dans une déclaration reprise par l’AFP. Tout en réaffirmant « l’attachement » du MAK « au pacifisme dans (son) combat », Aksel Ameziane a dénoncé la répression féroce qui s’abat sur les militants kabyles. « Des dizaines d’incarcérations de simples citoyens kabyles, de militants ou de cadres politiques du MAK sont opérées tous les jours depuis plusieurs mois », s’est-il indigné.

Le parole-parole du GPK a rappelé à juste titre le cas de Lounes Hamzi, incarcéré depuis plus d’un an sans jugement. « Le plus ancien militant du MAK incarcéré, Lounès Hamzi, vient de passer une année de prison ce 6 octobre sans aucune forme de procès ni aucun chef d’inculpation. Sa présentation devant le juge est régulièrement reportée », a-t-il dénoncé.

Arezki Massi

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