Malgré un climat de répression, les indépendantistes kabyles ont commémoré le 20 avril à leur manière

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Le drapeau kabyle flotte à Melbou
Le drapeau kabyle flotte à Melbou

KABYLIE (TAMURT) – Le climat de terreur et de répression instauré par le régime algérien en Kabylie, lequel régime a interdit toute manifestation et marche, n’a pas dissuadé les militants indépendantistes kabyles, vivant en Kabylie, à commémorer la date historique du 20 avril à leur manière. Levée du drapeau kabyle, tags sur les murs et accrochage de banderoles réclamant l’indépendance de la Kabylie sont, entre autres, les formes pacifiques choisies par des indépendantises kabyles pour commémorer cette date repère dans l’histoire du peuple kabyle.

Le régime algérien a déployé un impressionnant dispositif sécuritaire en Kabylie à la veille de la commémoration du 44eme anniversaire des printemps kabyles (1980/81) et le 23eme anniversaire de Tafsut taberkant de 2001. L’ordre reçu est d’empêcher la moindre commémoration de cette date historique, qui rappelle au régime algérien ses crimes impunis, notamment l’assassinat de près de 130 jeunes kabyles lors des évènements du printemps noir de 2001. Dans la ville d’Aokas, la police avait même ordonné au militant kabyle Djamel Ikni de rester à la maison ! Pour avoir refusé d’obtempérer à cet ordre injuste, il a été interpellé. « Alors que je me promenais au centre-ville d’Aokas avec deux amis (Karim et Lyes), j’ai été arrêté par la police pour avoir refusé leur demande de rentrer chez moi. J’ai signé un PV et ils m’ont transféré au commissariat de Tichy pour relever toutes mes empreintes et prendre des photos », a raconté cet ex détenu d’opinion. De nombreux autres activistes kabyles, à l’instar de l’ancien policier Zahir Moulaoui, Kamel Baghdadi, Omar Ait Larbi, Djamel Alitouche, Malek Sebahi, Hamza Hamour et Nadir Temine ont été placés en garde à vue quelques jours avant le 20 avril pour être présentés le lendemain, soit le 21 avril, devant le procureur près du tribunal de Bejaia.

Dans la ville d’El Kseur, un fief indépendantiste, les policiers algériens procèdent à des fouilles et des vérifications des téléphones portables de citoyens à la recherche de preuves pour les incriminer. Toutes ces tentatives honteuses d’intimidation n’ont pas découragé de braves militants kabyles, qui ont tenu à honorer la mémoire des martyrs de Tafsut taberkant et à réaffirmer leur engagement en faveur de l’indépendance de la Kabylie. Ainsi, à Akbou, dans la vallée de la Soummam, des slogans en faveur du MAK ont été tagués sur les murs, alors que le slogan « Kabylie indépendante » a été écrit sur le mur d’une école à Ighil Buzu, dans le département de Tizi Wezzu. Dans la région d’Ait Yemmel, un jeune a brandi le drapeau kabyle, alors qu’une banderole portant le slogan « Timunent i tmurt taqbaylit » (Indépendance pour la Kabylie) a été accrochée sur une place publique.

A Sidi Aïch est accrochée une grande banderole portant le slogan « La Kabylie est éveillée, son indépendance est inéluctable ». Ces gestes simples mais courageux se sont répétés à travers de nombreuses régions de la Kabylie. Ces braves militants risquaient jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle si jamais ils ont été surpris par les policiers algériens en train de brandir le drapeau kabyle ou d’écrire sur le mur des slogans en faveur de l’indépendance de la Kabylie. Ils auraient été accusés de terrorisme sur la base de l’article 87 bis du code pénal algérien.

Arezki Massi

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