Publication : « Le Mal-Etre amazigh en Afrique du Nord », un nouveau livre de l’ancien détenu kabyle Smaïl Medjeber

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Smail MEDJEBER
Smail MEDJEBER

EXIL (TAMURT) – Du haut de ses 72 ans, le militant kabyle et berbère, Smaïl Medjeber, continue de lutter intellectuellement contre le pouvoir algérien et son idéologie arabo-islamiste. Il vient de publier « Le Mal-Etre amazigh en Afrique du Nord » aux éditions Jets d’Encre. Ce livre est un témoignage d’un militant de longue date sur la tyrannie des régimes postcoloniaux en Afrique du Nord, lesquels ont œuvré pour l’extinction de l’identité amazighe à travers une politique d’arabisation à outrance. Il y raconte aussi la résistance courageuse des kabyles et des berbères en général contre l’idéologie arabo-islamique, importée du Moyen-Orient.

Malgré son âge avancé et une santé rendue fragile par des années d’emprisonnement et de torture dans les geôles algériennes, le militant Smaïl Medjeber ne baisse pas les bras. Il poursuit son combat pour la défense de l’identité kabyle et berbère, entamé dès son jeune âge et pour lequel il a payé un prix fort. Dans « Le Mal-Etre amazigh en Afrique du Nord », l’ancien codétenu de Masin U Harun et Ahcène Chérif, décédé tout récemment, rend hommage au peuple amazigh et plaide pour la reconnaissance de son identité. Celle-ci est longtemps reniée et combattue par les régimes des pays nord-africains, qui ont imposé l’identité arabo-islamique aux peuples autochtones. « Dans cet ouvrage, vibrant hommage au peuple amazigh, l’auteur tente de remédier à cette faille majeure de l’histoire et d’instaurer une mémoire amazighe.

En s’appuyant sur son expérience personnelle, de solides connaissances et un important travail de recherche, Smaïl Medjeber livre ici un ouvrage fouillé, inédit et richement documenté en faveur de la reconnaissance d’une identité amazighe », lit-on dans le résumé présentant ce livre, édité le 1er mai dernier. Né en 1950 à Taourirt Moussa, un village de Kabylie perché sur la majestueuse montagne du Djurdjura, Smaïl Medjeber est un ancien détenu politique. Il a été condamné à mort dans l’affaire dite des « poseurs de bombes » avec ses camarades de lutte Masin U Harun et Ahcène Chérifi. Il a subi d’atroces tortures durant ses onze ans d’incarcération dans les prisons algériennes. « Une condamnation à mort, onze années et demie d’incarcération dans des conditions horribles, inhumaines, en plus des sévices et tortures que j’ai subies, causes et conditions déjà handicapantes, invalidantes et à vie : voilà, déjà, le lourd prix que j’ai payé pour mon militantisme pour la cause amazighe et mon incorruptibilité. Le responsable, à juger et à condamner pour ce grave préjudice, c’est bien sûr le pouvoir criminel, dictatorial et illégitime algérien qui sévit encore en Algérie », a écrit Smaïl Medjeber à propos de son emprisonnement dans un article qu’il a publié en 2013 dans le site AmazighWorld.org.

Connu pour son engagement sincère et désintéressé en faveur de la Kabylie et de la berbérité, Smaïl Medjeber a déjà publié en 2005 « Abc Amazigh, une expérience éditoriale en Algérie (1996-2001) » et en 2011 « La Grande Poubelle – Journal d’un ancien détenu politique en Algérie » aux éditions L’Harmattan. Ecrit en prison, la publication de ce Journal par Smaïl Medjaber était perçue comme « une revanche vis-à-vis de ce même pouvoir dictatorial (algérien), briseur de vies ».

Arezki Massi

3 COMMENTS

  1. Le berbère en Afrique du Nord se fait avoir par son excès de religiosité vis-à-vis de l’islam.
    On lui a fait croire pendant des siècles et surtout ces dernières décennies, pour parfaire sa foi , il doit s’arabiser et adopter la culture arabe et nier son identité ancestrale culture et langue ainsi que son passé auquel malheureusement beaucoup y croient car ils sont atteints soit d’une forme de culpabilité ou de l’ignorance voir même de la lâcheté.
    Nous définissons ceci comme une imposture intellectuelle et une forme de colonisation passive de la part des nouveaux dominants en Afrique du Nord.
    Une religion c’est de la foi , un choix de chaque personne de croire ou de ne pas croire.
    Mais notre identité berbère reste un dénominateur commun à nous tous que nous devons tous défendre car il s’agit de notre histoire et de notre existence à l’image des peuples turques et iraniens en qualité de fervents musulmans.
    Nous devons résister contre ce génocide identitaire car c’est un devoir comme ils le font avec acharnement tous les peuples dont évidemment nos amis arabes.
    Nous devenons le seul peuple au monde qui a cessé de défendre sa langue ancestrale ainsi que son histoire millénaire qui est pourtant très riche dont nous devrions être fière.

  2. Azul, désolé de vous le dire mais les arabo kabylo n’ont jamais été ni mes frères encore moins mes amis. Libre à ceux qui les considèrent comme tels. Permettez moi d’avoir mon propre avis ! L’histoire est la pour nous rappeler quelques faits dont les arabo kabylo musulmans sont ou ont été des acteurs majeurs dans les assassinats en tous genres de leurs amis, voisins frères et parents de loin ou de près. Svp timssalin n’tmurt on connaît un bout, alors de grâce arrêtez de nous prendre pour des demeurés. Ce n’est pas parce qu’on dit rien que nous ignorons qui nous sommes et d’où on ne venu. Les arabo khoroto aidés par les corompus kabylo musulmano arriérés ont permis l’invasion et la destruction d’une large partie de la population de cette contrée nord africaine qu’on appelle Tamazgha ou taferka. Y’a tellement à dire, quand on voit ce qui se passe di T’murt, on a le droit de penser ce qu’on pense !

  3. @Achille
    J’ai été si longtemps déçu par ma famille, mes villageois, mon peuple du rejet qu’ils exerçaient a mon encontre lorsque j’exprimais ma conviction d’être Amazigh, malgré mon multiculturalisme (né de mère française blanche, de père Kabyle de souche originale), malgré mon incapacité a m’exprimer dans la langue de mes racines ; j’ai fini par comprendre l’efficacité de cette volonté de nous faire disparaître, et avec le nombre d’années d’exercice de la répression turque, française, arabe, musulmane, notre peuple dans sa diversité a finalement produit une résilience que même les Juifs, les Kurdes, les Bretons, les Celtes, les Corses, les Ukrainiens,…. ne peuvent envisager.
    Après plus de 3000 ans, nous nous façonnons aux quatre coins du monde. Mas Ferhat et ceux qui luttent sans répits, ni craintes ; sachez que vous nous façonnez.
    La survie pousse certain des nôtres a choisir le camp de nos adversaire non sans dissolution consciente et violente de leurs âmes. Leurs choix ne nous concerne plus.
    Nous sommes le présent et l’avenir, ils sont le passé.

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