Conditions de détention à la prison de Koléa
Des avocats dénoncent

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Prison de Koléa
Prison de Koléa

KOLEA (TAMURT) – Les conditions de détention des prisonniers politiques se dégradent dangereusement à la prison de Koléa. Des avocats, après plusieurs témoignages de détenus, ont dénoncé, notamment la pression et la détérioration des conditions d’emprisonnement de militants politiques à Koléa.

Ainsi, les détenus sont soumis à un régime des plus insupportables. Intimidations, surveillance accrue, isolement, pression morale et mauvaise nourriture. Sur place et compte tenu de la qualité des détenus, la prison de Koléa est sous « les feux de la rampe ». Anciens ministres et militants politiques ont donné à cet établissement un semblant de renommée, ce qui donne à la direction de cette prison des pouvoirs presque sans limites. Fouilles systématiques dans les travées de la prison où dans les cellules, interdictions de tout contact entre détenus, rationnement de la nourriture quand celle ci est mangeable…, Tel est le quotidien des détenus politiques qui sont mis à un régime quasi-militaire, avec des horaires de sortie et d’entrer en cellule stricts. En tout, le détenu passe 21 h dans une cellule exiguë. Près de deux heures de cours le matin et moins pour l’après-midi. Aux parloir, un quart d’heure hebdomadaire, ce qui donne une minute de parloir pour chaque jour de cellule. Pour les avocats, le parloir se fait toujours par téléphone, ceci dit en passant, sur écoute.

A ce régime insupportable, s’ajoute le comportement des geôliers. Si pour le moment aucun cas de violence n’est signalé, la violence verbale et le régionalisme sont les autres mots à la prison de Koléa. Anti-Kabylisme primaire, interdiction de parler ou d’écrire dans sa langue maternelle, pourtant constitutionnalisée comme seconde langue officielle depuis 2016, tamazight est indésirable, voire combattu à la prison de Koléa. Ceci n’est qu’un bref aperçu sur les conditions de détention des militants kabyles à Koléa, sans parler de ceux placer dans d’autres établissements pénitenciers, où ils subissent les affres de l’isolement et de la haine. Nous y reviendrons.

Amnay I

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